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Nanoparticules : que font-elles dans nos assiettes ?

mercredi 7 décembre 2016, par AMROUCHE

Une nouvelle étude dévoile la présence de nanoparticules dans certains biscuits, plats préparés et chewing-gums sans qu’elle soit mentionnée sur l’étiquette. D’ailleurs, que font-elles dans nos aliments ? Sont-elles nocives pour la santé ?

Nanoparticules : que font-elles dans nos assiettes ?

Penché sur un biscuit, un expert du Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE) à Paris en gratte méticuleusement la couche supérieure sur laquelle est écrite en lettres blanches le mot « chocolat ».
Ce n’est pas la gourmandise qui motive Nicolas Feltin, mais une interrogation : ce dépôt blanc contient-il des nanoparticules ?

Quelle que soit leur composition, les nanoparticules sont des particules dont la taille est de l’ordre du nanomètre (un milliardième de mètre), soit 14 O00 fois plus petite qu’une fibre de cache-mire ou 50 000 fois plus fine qu’un cheveu ! Les nanoparticules sont même plus petites que les cellules de notre organisme.

En France et dans l’Union européenne la mention « nanoparticules » doit être précisée depuis décembre 2014 sur la liste des ingrédients de tout aliment qui en contient. Pourtant, jusqu’ici, aucune trace de cette mention sur les étiquettes des produits de nos supermarchés. Alors, cela veut-il dire qu’ils n’en contiennent pas ?
Pour en avoir le cœur net, l’association Agir pour l’environnement a mandaté le LNE début 2016 afin d’analyser quatre produits : des biscuits chocolatés LU, des chewing-gums Malabar, un mélange d’épices pour guacamole de la marque Carrefour et une conserve de blanquette de veau William Saurin. Et là, surprise ! Tous ces produits renfermaient effectivement des nanoparticules... Des révélations d’autant plus inquiétantes qu’elles concordent avec des analyses menées dans d’autres pays.
En 2015, I’ONG Friends Of the Earth Australia avait mis le doigt sur 14 produits alimentaires contenant ce type de particules sans qu’elles n’aient jamais été autorisées par les autorités australiennes. Parmi ces aliments, trois sont commercialisés en France : les M&M’s, les chewing-gums Mentos Pure Fresh et les bonbons Skittles.
.. Une enquête menée en 2016 par Friends Of the Earth USA avait également révélé la présence de nanoparticules dans des préparations alimentaires destinées aux bébés vendues aux Etats-Unis.

« Quand on regarde les produits concernés par ces enquêtes, on se rend compte que les enfants sont les plus exposés. Ce constat a fini de nous convaincre qu’il nous fallait rapidement enquêter à notre tour », explique Magali Ringoot, coordinatrice de campagne au sein d’Agir pour Penvironnement

« Dufait qu’elles sont ingérées, les nanoparticules font courir un risque potentiel aux consommateurs, poursuit-elle. Sans compter qu’on se demande bien ce qu’elles font dans notre assiette ! » Selon Eric Houdeau, directeur de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) à Toulouse, la question est plutôt de savoir si elles y sont apparues naturellement ou si elles y ont été ajoutées intentionnellement par les industriels. « Les nanoparticules existent naturellement dans l’environnement », explique—t—il. On en trouve dans les cendres volcaniques, les embruns océaniques, la poussière se soulevant des chemins : que ce soit par des processus chimiques (combustion, oxydation, etc.) ou physiques (frottement, abrasion. etc.). la matière finit par s’user et par être réduite en poussières, lesquelles atteignent parfois la taille nanométrique. « La question n’est donc pas de savoir s’il y a des nanoparticules dans l’alimentation — nous savons que c’est sûrement le cas — mais si certaines y ont été apportées volontairement lors de la transformation des aliments, et si celles-ci ont un impact sur la santé », résume le scientifique.

P.-S.