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Nanoparticules : que font-elles dans nos assiettes ?

mercredi 7 décembre 2016, par AMROUCHE

Une nouvelle étude dévoile la présence de nanoparticules dans certains biscuits, plats préparés et chewing-gums sans qu’elle soit mentionnée sur l’étiquette. D’ailleurs, que font-elles dans nos aliments ? Sont-elles nocives pour la santé ?

Les scientifiques réclament plus de moyens pour la recherche

Prenons comme exemple le dioxyde de titane (E 171 ), un colorant   blanc consommé quotidiennement dans les pâtisseries, les confiseries, les sauces, etc. C’est ce produit qui a été retrouvé pour partie sous forme de nanoparticules par l’association Agir pour l’environnement dans des biscuits chocolatés, de la blanquette de veau et des chewing-gums. Des études menées en 2011 et 2014 sur des animaux ont montré que, sans qu’il soit sous forme de particules nanométriques, cet additif s’accumule déjà dans les tissus intestinaux, la rate, le foie et même dans le cerveau lorsqu’il est consommé à forte dose.
En 2006, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé cet additif E171 comme « cancérogène possible » pour l’homme par inhalation. En 2016, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de L’alimentation, de l’environnement et du travail) a soumis une proposition à l’Agence européenne des produits chimiques afin que ce composé soit classé plus sévèrement, comme « cancérogène avéré ». « Les particules de dioxyde de titane, lorsqu’elles sont mises au contact des tissus du système respiratoire, chez le rat et chez l’homme, ont la capacité d‘y pénétrer et d’y déclencher des processus inflammatoires qui modifient le fonctionnement des cellules », explique Yann Grosse, spécialiste de la cancérogénèse animale au sein du CIRC.
A terme, ces modifications peuvent déclencher le développement de cancers. « La taille joue un grand rôle dans ces phénomènes : c’est le fait que le dioxyde de titane soit sous la forme de particules, donc de quelque chose de très petit, qui influence sa capacité à pénétrer les tissus. » Qu’en est-il dès lors des nanoparticules de dioxyde de titane, encore plus petites, retrouvées dans les biscuits chocolatés ? Passent—elles encore plus facilement les barrières biologiques ? Difficile à dire, car les données scientifiques font cruellement défaut, que ce soit sur les nanoparticules de dioxyde de titane ou sur les particules nanométriques en général. « Dans un rapport publié en 2009. nous prévenions déjà que les études sur la toxicité des nanoparticules dans l’alimentation étaient insuffisantes. Aujourd’hui, ce constat est toujours le même », se désole Aurélie Niaudet, adjointe au chef d’unité d’évaluation des risques liés aux agents a chargé Éric Houdeau et ses collègues d‘analyser la toxicité des nanoparticules dans l’intestin. « Parce qu’elles font partie de l’infiniment petit, il a longtemps été complexe d’une part de les détecter dans un aliment, et d’autre part de les suivre dans l’organisme et d‘évaluer leurs effets. Pour ces raisons, un retard évident a été pris dans les études », explique-t-il. Parmi les rares publications scientifiques existantes, certaines ont montré que les nanoparticules de dioxyde de titane étaient bel et bien capables de migrer au travers des tissus buccaux. Et comme ces tissus sont riches en vaisseaux sanguins, le passage par le sang vers d’autres organes semble être facilité. D’autres expériences ont prouvé que ces particules nanométriques traversaient la barrière intestinale. Mais qu’en est-il de leur toxicité ?

Des chercheurs ont montré qu’après vingt-quatre heures d’exposition aux nanoparticules de dioxyde de titane, des cellules buccales présentaient un processus inflammatoire et que d’autres entraient en apoptose, une mort par autodestruction des cellules. Par ailleurs, d’autres études ont permis de découvrir que la présence de nanoparticules dans des organes de l’immunité comme la rate entraînait une chute du nombre de cellules immunitaires. Le hic : pour l’instant, les chercheurs mènent généralement ces expériences avec des nanoparticules calibrées, dont ils connaissent exactement la taille, la forme et de nombreuses autres propriétés physico-chimiques Alors que dans nos aliments, c’est un festival de diversité ! « ll est très difficile de comparer les effets d’une nanoparticule à une autre, même si ce sont toutes deux du dioxyde de titane, par exemple. ll y a bien trop de paramètres qui entrent en jeu comme leur forme, leur structure, leur état d’agglomération…,estime Eric Gaffct. Seules des études au cas par cas permettent de répondre à cela. Mais vu le nombre de nanoparticules déjà disponibles sur le marché, il faudrait au moins deux cents ans de travail pour les étudier toutes ! » assure-t-il.

P.-S.