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Moins de protéines animales

dimanche 19 mars 2017, par AMROUCHE

 Manger moins de protéines animales


La consommation de protéines animales diminue en France comme dans les autres pays « développés ». Pour des raisons parfois très variées (messages nutritionnels à partir du début des années 1980, coût élevé, scandales alimentaires, idéologie, évolution du rapport HommeAnimal, considérations environnementales…), les consommateurs sont sensibilisés à la recherche de sources de protéines alternatives.

Les consommateurs français entrent dans une nouvelle phase de transition nutritionnelle

La consommation de protéines animales est très structurante dans le régime alimentaire des Français. Une nouvelle phase de transition nutritionnelle, déjà observée aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou en Allemagne, est en cours en France depuis le début des années 1980. Ainsi, la consommation par habitant en viandes de boucherie est celle qui diminue le plus, les jeunes générations au même âge en consommant moins. D’autant plus que ce phénomène est accentué depuis le début de la crise économique (2008) par la baisse de consommation de viande rouge, jugée trop onéreuse. La consommation individuelle de lait de consommation diminue également année après année, tandis que celle de produits de la mer, après avoir fortement progressé, est stable depuis une décennie (voir page suivante). Parallèlement à cette baisse de la consommation, on observe un report vers d’autres aliments d’origine animale (œufs, fromages) mais aussi une augmentation de la demande en protéines végétales. Cette évolution induira donc un changement du modèle alimentaire hérité.

Les enjeux environnementaux, les conditions de production et de transformation (abattage) rentrent de plus en plus dans les critères de choix des consommateurs.
Au-delà du facteur prix, les attentes en termes de santé conjuguées à un vieillissement de la population constituent le principal moteur de cette tendance. L’éloignement des consommateurs vis-à-vis du monde agricole, la montée des valeurs « animales » dans la société, des préoccupations sur le bien-être animal et le statut des animaux, certaines considérations environnementales, alimentent ce mouvement. Pour certains consommateurs, consommer des protéines végétales (légumineuses, soja, céréales, algues…) ou d’autres sources protéiques alternatives (insectes, levures) devient un acte militant.





Des évolutions de quantités achetées, qui s’expliquent par :
• des raisons conjoncturelles (effet de la crise économique, hausse des prix à la consommation, etc.) ;
• des raisons structurelles (transfert de la consommation vers du produit élaboré, transferts entre types de protéines, attentes en termes de nutrition/santé, sensibilité à l’environnement, etc.) Des dynamiques différentes pour certains produits : la crème   ; les fromages, avec de nouvelles occasions de consommation ; les produits à base de lait de chèvre et de brebis qui répondent à un besoin de naturalité ; la viande de volaille ; la viande hachée. Des marchés qui peuvent croître en valeur malgré ces pertes de volumes (hausse des prix, achat de produits plus onéreux au kg, modification du circuit de distribution…). Focus RHD/Viande Bovine : Au niveau de la RHD, qui représentait 19 % de la consommation de viande bovine, tout comme en 2014, on observe les mêmes tendances, mais avec une érosion des volumes plus faible. Entre 2010 et 2014, le volume de viande bovine consommée en RHD a diminué de 5% pour une réduction de 6% sur l’ensemble des circuits de consommation.

P.-S.

SOURCES :

• CRÉDOC, 2013, N.Siounandan, P.Hébel, J.Colin, Va-t-on vers une frugalité choisie ? Cahier de Recherche n°C302

• FranceAgriMer, 2014, Données et bilans, Consommation des produits carnés en 2014

• FranceAgrimer, 2015, Les effets de la crise sur les comportements d’achat des ménages en produits animaux

• Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Plan protéines végétales pour la France 2014-2020

• FAO, 2014, Insectes comestibles : Perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale.

• Valorial, colloque 2015, « Protéines 2030 » LA PRESSE EN PARLE

• Les Echos, 10 avril 2014, Évolution de la consommation de produits animaux en France http://www.lesechos.fr/idees-debats...

• Le Monde, 1 octobre 2014, La viande in vitro va-t-elle révolutionner notre alimentation ? http://www.lemonde.fr/planete/visue...

• Process alimentaire, 7 mars 2015, La DGAL publie une note d’information sur les insectes dans l’alimentation http://www.processalimentaire.com/I...

• Process alimentaire, 23 mars 2015, Protéines végétales, des atouts à faire connaître http://www.processalimentaire.com/I...

• Terre-net, 5 juillet 2015, Une « boucherie végétarienne » pour séduire les « flexitariens » http://www.terre-net.fr/actualite-a...