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Moins de protéines animales

dimanche 19 mars 2017, par AMROUCHE

 Cinq sous-tendances principales

1- Le flexitarisme : moins de viande
Manger moins de viande !
Cette sous-tendance consiste en une consommation variable et réduite en viandes et en produits carnés, sans les exclure totalement : portions de viande réduites ou davantage de repas sans viande. L’objectif pour les flexitariens est de consommer moins de viande, mais de meilleure qualité.

Perspective 2025 :

La tendance devrait se développer en France, à l’image des Etats-Unis (où 30 à 40 % des individus seraient flexitariens) et du Royaume-Uni où le mouvement progresse (en 2013, un quart des Britanniques déclaraient avoir baissé leur consommation de viande par rapport à l’année précédente).

DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Recommandations de santé publique
  • Vieillissement de la population
  • Volonté de consommer moins mais qualitativement mieux
  • Développement d’une offre alternative à la viande
  • Prise de conscience de son action sur l’environnement (consomm’acteur)
  • Pression économique

Mais de potentiels points d’inflexion : des scandales sanitaires sur les alternatives aux protéines d’origine animale, la reprise économique et la valorisation de viande rouge pour certaines catégories de population, les conditions d’élevage et d’abattage des animaux plus strictes, une amélioration de la qualité et une offre plus adaptée à la demande… …

2-Zéro protéine animale

Les végétariens excluent de leur alimentation les viandes, poissons et fruits de mer (mais pas le lait ou les œufs). Le végétarisme répond à plusieurs motivations : être en meilleure santé, prévenir certaines maladies cardiovasculaires, respecter la condition animale, contribuer à la protection de l’environnement, promouvoir une consommation responsable, etc. La consommation de produits animaux est actuellement visée par certains de ses détracteurs en raison notamment de ses conséquences potentielles sur l’environnement. Le végétalisme et le veganisme sont des déclinaisons du végétarisme. Le végétalien ne consomme que des aliments issus du monde végétal. Le vegan choisit un mode de vie basé sur le refus de tout produit issu de l’exploitation animale, ce qui peut dépasser le champ de l’alimentation. Toutefois, pour une partie des nouveaux adeptes, il ne pourrait s’agir que d’un phénomène de mode passager.

Perspective 2025 :
Il est actuellement difficile de mesurer l’ampleur que prendra ce mouvement végétarien voire végétalien/vegan. Il pourrait rester marginal, tout en alimentant la tendance au flexitarisme (pression médiatique).
DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Possibilité de crises sanitaires ou liées au bien-être animal
  • Sensibilité croissante aux enjeux environnementaux
  • Militantisme et poids médiatique important des associations anti-viande, vegans, avec des stars porteparole (pour les 2 mouvements)

Mais de potentiels points d’inflexion : le caractère contraignant du régime végétalien ou vegan, les carences alimentaires liées aux régimes végétarien / végétalien / vegan, le développement d’une offre alimentaire « conventionnelle » répondant à une partie des attentes de ce public…

3-Plus de protéines végétales
Vers plus de protéines végétales (et d’algues)

Au-delà d’une réduction de la consommation de protéines animales, un transfert vers d’autres sources de protéines est opéré, principalement vers des légumineuses, des céréales et surtout du soja. Celui-ci est consommé sous forme de lait végétal, de tofu, de produits ultra-frais (yaourts, crèmes desserts par exemple), de steaks végétaux (avec nuggets et boulettes…), mais aussi sous forme de snacking (barre soja/fruits par exemple). D’autres laits végétaux sont également consommés comme le lait d’amandes, de noisettes, de riz ou de coco.

Les algues ne font pas partie de l’univers culturel alimentaire des Français (1% de la consommation mondiale, soit 180 000 t en équivalent frais, destinées essentiellement à être transformées en colloïdes) alors qu’elles sont largement consommées en Asie. Elles commencent pourtant à séduire les consommateurs européens (de manière plus marginale que les protéines d’origine végétale) grâce à leurs nombreuses propriétés nutritionnelles (source de protéines et de minéraux), et leur originalité.

Perspective 2025 :
La consommation de protéines végétales et dans une moindre mesure des algues se développera dans les années à venir, avec l’emploi de protéines végétales comme ingrédient et pouvant se présenter sous de nombreuses formes, mais aussi comme composé à part entière (céréales, légumineuses). Une croissance à deux chiffres de ce marché est actuellement observée en Europe.
DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Curiosité (pour les algues)
  • Richesse nutritionnelle (exemple de la spiruline)
  • Développement de la filière de production française (ex : quinoa, soja)
  • Développement de l’offre (notamment en bio), y compris en produits transformés
  • Acquisition de connaissances de l’impact positif sur la santé

  • Mais de potentiels points d’inflexion : les réticences culturelles, le prix élevé de certains substituts, le manque de savoir-faire pour valoriser certains produits (exemple des légumineuses), la présence de facteurs allergiques pour certains produits végétaux.

4-Manger des insectes

En France, la large couverture médiatique attribuée à l’entomophagie témoigne du fait qu’il devient de plus en plus envisageable de consommer des insectes. Cet intérêt croissant pourrait reposer sur l’importante valeur nutritive des insectes et le faible impact environnemental lié à leur production.

Perspective 2025 :
La consommation d’insectes existe depuis de nombreux siècles dans d’autres pays, notamment asiatiques et devrait également s’implanter en France sous réserve que la réglementation évolue pour permettre la consommation de ces aliments. Elle devrait rester toutefois anecdotique en ce qui concerne l’alimentation humaine, mais se développer pour l’alimentation animale et en ingrédients (cf. règlement européen CE n°258/97 sur les « nouveaux aliments et ingrédients alimentaires » ou novel food).
DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Curiosité (pour l’entomophagie)
  • Evolutions réglementaires
  • Meilleure maîtrise des coûts de production pour cette activité naissante à l’échelle industrielle
  • Sensibilité à la lutte contre le gaspillage alimentaire (insectes convertisseurs de sous-produits)

Mais des points d’inflexion importants : fortes réticences culturelles, principe de précaution réglementaire…

5-Manger biotecnologique
Consommer des aliments issus des biotechnologies

Les biotechnologies regroupent les techniques permettant de synthétiser, modifier ou dégrader des molécules en utilisant le vivant. Dans le cadre de la réduction de consommation de produits animaux, leur utilisation dans le domaine alimentaire permettrait de reconstituer des acides aminés de synthèse qui seraient en mesure de remplacer au moins en partie les protéines animales. En dehors de projets médiatisés dont les retombées sont incertaines (viande in vitro notamment), les biotechnologies sont employées pour obtenir des produits plus simples à base de champignons (levures pouvant être consommées directement, protéines extraites de champignons).

Perspective 2025 :

Les biotechnologies peuvent se développer à l’horizon 2025 et offrir des opportunités en termes de substitution aux protéines d’origine animale, à condition que soient levées les barrières culturelles antiproduits de synthèse. Dans un premier temps, la consommation de produits à base de levures et de protéines de champignon peut faire partie des alternatives choisies par un consommateur végétarien ou flexitarien. L’emploi de biotechnologies pour augmenter la teneur en protéines végétales de certaines cultures (exemple pomme de terre) doit également être considéré.

DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Scandales alimentaires
  • Investissements R&D importants
  • Développement des gammes de produits à base de levures et de champignons Mais de potentiels points d’inflexion : très fortes réticences culturelles, pression économique, process non mature avec un modèle économique pour l’instant non pérenne pour certains produits médiatisés, risques allergiques pour les produits issus de champignons…

P.-S.

SOURCES :

• CRÉDOC, 2013, N.Siounandan, P.Hébel, J.Colin, Va-t-on vers une frugalité choisie ? Cahier de Recherche n°C302

• FranceAgriMer, 2014, Données et bilans, Consommation des produits carnés en 2014

• FranceAgrimer, 2015, Les effets de la crise sur les comportements d’achat des ménages en produits animaux

• Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, Plan protéines végétales pour la France 2014-2020

• FAO, 2014, Insectes comestibles : Perspectives pour la sécurité alimentaire et l’alimentation animale.

• Valorial, colloque 2015, « Protéines 2030 » LA PRESSE EN PARLE

• Les Echos, 10 avril 2014, Évolution de la consommation de produits animaux en France http://www.lesechos.fr/idees-debats...

• Le Monde, 1 octobre 2014, La viande in vitro va-t-elle révolutionner notre alimentation ? http://www.lemonde.fr/planete/visue...

• Process alimentaire, 7 mars 2015, La DGAL publie une note d’information sur les insectes dans l’alimentation http://www.processalimentaire.com/I...

• Process alimentaire, 23 mars 2015, Protéines végétales, des atouts à faire connaître http://www.processalimentaire.com/I...

• Terre-net, 5 juillet 2015, Une « boucherie végétarienne » pour séduire les « flexitariens » http://www.terre-net.fr/actualite-a...