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Plus de transparence

mardi 21 mars 2017, par AMROUCHE

 Deux sous-tendances principales

1-Une attente d’informations sur la composition et la qualité

Une traçabilité accrue comme gage de sécurité Suite aux différentes crises mettant en cause les acteurs de l’agroalimentaire, comme la viande de cheval étiquetée comme bovine dans des plats préparés, ou encore les crises sanitaires telles E. coli et la grippe aviaire, les consommateurs sont inquiets quant à la sécurité alimentaire. Ils réclament davantage de transparence sur la traçabilité des produits qu’ils achètent. Cette demande de clarté sur l’origine, mais aussi sur le parcours de transformation des aliments est particulièrement forte pour les produits d’origine animale comme les œufs et surtout la viande. Cette quête de transparence est d’autant plus importante que les consommateurs privilégient fortement l’origine France et les circuits courts et de proximité.

Des ingrédients et apports nutritionnels pouvant être scrutés :
Les campagnes et messages de prévention en matière alimentaire et la digitalisation ont conduit les consommateurs à être davantage attentifs aux propriétés nutritionnelles de leur alimentation. Ils sont préoccupés par leur santé, recherchent des produits plus sains, et sont donc demandeurs de davantage de lisibilité concernant la composition des produits et leurs apports nutritionnels.
Cela se traduit par un renforcement croissant des prescriptions réglementaires en la matière (voir encadré) et la création d’un système d’étiquetage nutritionnel complémentaire simplifié. Ils apprécient les produits bruts, l’absence d’additifs dans les produits transformés ou l’agriculture biologique qui limite l’exposition aux pesticides chimiques. Le retour du cuisiné-maison s’inscrit aussi dans cette logique.

Perspective 2025 :
Une réglementation plus contraignante sur l’étiquetage des produits alimentaires devrait rassurer les consommateurs, réduisant leurs attentes de transparence sur la composition des produits, malgré d’éventuelles nouvelles crises alimentaires.
DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Éventuelles nouvelles crises alimentaires
  • Traités commerciaux avec des pays à réglementation plus laxiste
  • Réglementation plus contraignante sur l’étiquetage des produits et/ou développement de sites d’information pour le consommateur
  • Accroissement des préoccupations liées à la santé
  • Développement de scanners alimentaires
  • Informations relatives au manque de transparence fortement relayées par les médias

Mais de potentiels points d’inflexion ou des freins qui limiteront l’importance de cette sous-tendance : cacophonie nutritionnelle, trop d’informations à disposition du consommateur (« infobésité ») et multiplication des labels.

2-Une attente d’informations sur les modalités de la production

Une sensibilité accrue aux modes de production et aux engagements des entreprises (RSE)

L’essor des préoccupations écologiques et éthiques est une caractéristique importante des choix de consommation. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles au bien-être animal, à l’impact écologique et sociétal (répartition de la marge entre acteurs, droits des travailleurs…) de leur alimentation. Ils valorisent donc les entreprises et les produits fournissant des garanties sur ces points. Ils seraient par exemple sensibles à l’affichage en magasin du prix versé au producteur et s’intéressent également de plus en plus aux produits issus du commerce équitable ou biologiques (croissance en valeurs de ces marchés depuis de nombreuses années). Une politique de RSE exigeante, mettant en avant les valeurs de l’entreprise, est très appréciée par les consommateurs : la majorité des Français (60%) annoncent avoir déjà entendu les expressions « responsabilité sociale d’entreprise » ou « entreprises responsables » dans les médias ou dans des conversations (CREDOC, 2011). De plus, les produits de proximité (circuits courts, produits locaux…) peuvent également répondre à ces attentes éthiques et sociétales. Certains consommateurs cherchent en effet à soutenir l’économie nationale, et notamment les producteurs français voire locaux.

Des labels pas toujours clairs pour le consommateur

Les labels sont source de garanties pour les consommateurs. Les labels publics (AOC, AOP, Label rouge, AB) sont globalement compris et appréciés par le consommateur français. La multiplication des autres labels et certifications, en particulier par les industriels et distributeurs, peut cependant générer de la confusion dans l’esprit du consommateur : mal relayés et donc obscurs pour ce dernier, leur multiplicité tend à éveiller sa suspicion.

Perspective 2025 :
À l’horizon 2025, cette tendance devrait fortement se développer, notamment avec des attentes plus fortes en ce qui concerne le respect de l’environnement.
DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Médiatisation d’éventuelles nouvelles crises alimentaires
  • Montée des inquiétudes envers les produits phytosanitaires
  • Montée des préoccupations sociales et sociétales pour les nouvelles générations

Mais de potentiels points d’inflexion ou des freins qui limiteront l’importance de cette sous-tendance : crise économique et changement de priorités des consommateurs, multiplication du nombre de labels.

P.-S.

Travail réalisé par Blezat consulting, le Crédoc et Deloitte développement Durable. Ce document n’engage que ses auteurs et ne constitue pas le point de vue des commanditaires. Étude commandée dans le cadre du Contrat de Filière Agroalimentaire par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, l’ANIA, la CGAD, la CGI, Coop de France, la FCD et FranceAgriMer.

SOURCES :

• OCHA, CERTOP, CREDOC, 2016, Synthèse des résultats de l’étude « Inquiétudes »

• CREDOC, 2015, « Le plaisir du cuisiné maison : pour le goût et la qualité », Consommation et modes de vie n°275

• CREDOC, 2016, « Représentations de la consommation en période de sortie de crise économique », Cahier de recherche n°329 LA PRESSE EN PARLE

• LE FIGARO, 7 juillet 2016, Viande : vers un étiquetage des plats cuisinés en 2017 http://www.lefigaro.fr/conso/2016/0...

• LSA, 16 juin 2014, Opération transparence http://www.lsa-conso.fr/operation-t...,177468

• LSA, 24 juin 2015, Alimentation : les Français prêts à payer plus pour un produit de qualité http://www.lsa-conso.fr/alimentatio...,213690

• LSA, 18 mai 2016, L’étiquetage nutritionnel passe en phase de test http://www.lsa-conso.fr/l-etiquetag...,238458

• LSA, 15 juin 2016, Les consommateurs refusent le compromis sur la qualité http://www.lsa-conso.fr/les-consomm...,240540

• NEORESTAURATION, 1 mai 2015, 2015, le bout du tunnel ? http://www.neorestauration.com/arti...,33147