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Recherche de Naturalité

mercredi 22 mars 2017, par AMROUCHE

  Sommaire  

 Les impacts

1- Impact sur les produits

De nombreux produits plus « naturels » vont se développer.
• Développement de produits issus de l’agriculture biologique ou de filières agricoles à faible consommation en intrants de synthèse.
• Développement de produits « sans », par exemple sans OGM, sans antibiotique ou sans additif et conservateur   de synthèse.

2- Impacts sur la communication et le marketing"

• Développement, par les enseignes, de campagnes de communication innovantes à la fois pour se différencier et pour attirer une nouvelle clientèle.
• Mise en vente de produits bio à bas prix par les grandes surfaces à dominante alimentaire et par les magasins spécialisés, afin de rendre accessibles ces produits au plus grand nombre.
• Apparition de labels mettant en avant la naturalité des produits ou des pratiques agricoles à faible consommation en intrants.
• Développement d’emballages différenciant afin que le consommateur puisse identifier immédiatement les produits plus « naturels ».
• Émergence de marques privées ou de nouvelles certifications ciblant les pratiques agricoles intermédiaires entre l’agriculture biologique et l’agriculture conventionnelle.

3- Impacts sur la restauration"

Les restaurateurs vont proposer de nouvelles offres d’aliments.

Restauration commerciale :
• Développement de l’incorporation d’ingrédients issus de l’agriculture biologique, sans OGM ou sans additifs
• Émergence d’établissements entièrement consacrés à une alimentation plus « naturelle ».

Restauration collective :

• Proposition de menus incluant davantage, voir exclusivement, de produits issus de l’agriculture biologique, notamment dans les cantines scolaires. Cette initiative est déjà en cours dans certaines villes de France comme Saint-Etienne : aujourd’hui, 80% des aliments composant les repas sont issus de l’agriculture biologique. A noter que la généralisation de cette démarche en France nécessiterait une augmentation de la production de matières premières issues de l’agriculture biologique en France afin d’éviter l’importation de celles-ci. • Evolution de la réglementation et des cahiers des charges pour développer ces nouvelles offres.
• Une part croissante de l’agriculture biologique si les objectifs du plan Ambition bio 2017 étaient prolongés.
• Suppression peu probable à court terme des produits utilisant des OGM des menus, du fait de l’utilisation importante des OGM dans certains filières comme l’élevage et des délais nécessaires aux changements de pratiques.

4- Impacts sur la distribution

Pour répondre à la demande des consommateurs, les professionnels de la grande distribution vont devoir intégrer davantage ces produits dans leur offre.
• Développement de nouvelles gammes de produits issus de l’agriculture biologique et de produits ne contenant pas d’ingrédients de synthèse.
• Engagement croissant des GMS sur des garanties non-OGM et des modes de productions agricoles « sains »
• Durcissement des cahiers des charges des GMS à destination des producteurs et des industriels, pouvant avoir une incidence sur toute la filière
• Augmentation de la vente de produits en vrac, de produits « sans » (sans OGM, sans antibiotique) et de produits locaux à la traçabilité clairement indiquée.
• Investissements des grands groupes de distribution sur le segment de l’agriculture biologique via notamment l’ouverture d’autres magasins spécialisés. Au global, les groupes représentaient en 2015 environ 44% du marché de l’agriculture biologique, davantage que les magasins spécialisés eux-mêmes (sans lien direct avec les groupes) qui totalisent 33% des ventes. Certaines enseignes de la grande distribution ont déjà ouvert en 2015 des magasins spécialisés dans la vente de produits issus de l’agriculture biologique à Paris et en Ile-de-France.
• Mise en place de linéaires spécifiques à ces produits, comme cela existe actuellement pour les produits issus de l’agriculture biologique, ou intégration renforcée des linéaires existants.
Plus largement :
• Développement croissant des magasins bio en ligne permettant au consommateur d’avoir accès à une offre très large et à toutes les informations nécessaires sur la composition des aliments, leur origine ou encore leurs effets sur la santé et sur l’environnement.
• Poursuite du développement massif des magasins spécialisés en agriculture biologique et en alimentation « naturelle ».
• Augmentation du nombre de magasins vendant des produits bruts comme les magasins spécialisés dans la vente en vrac

5- Impacts sur la transformation

Face à l’engouement pour la « naturalité » de la part des consommateurs, l’enjeu pour les industriels est renforcé pour proposer des produits qui ne contiennent plus les additifs et les arômes traditionnellement utilisés pour colorer, texturer et renforcer le goût des aliments. Au delà des efforts de R&D et de modification des formulations déjà effectués, les industriels seront probablement amenés à utiliser de nouveaux ingrédients et/ou à modifier leurs procédés.
• Substitution d’ingrédients par d’autres, sans modifier les qualités gustatives et conservatrices du produit. Les ingrédients peuvent être remplacés par des ingrédients issus de l’agriculture biologique, ou des éléments naturels dans le cas des additifs. Par exemple, l’acide citrique contenu dans la limonade peut être substitué par du jus de citron et le fructose par du sucre de canne. Toutefois, le fait de repenser complètement la formulation et la fabrication des produits a le plus souvent des implications en termes de coûts.
• Développement des recettes dites « traditionnelles ».
• Développement et mise en place de nouveaux procédés permettant une meilleure conservation des produits agricoles bruts, afin d’éviter l’utilisation de conservateurs de synthèse.
• Développement de procédés plus doux, limitant la dégradation des qualités nutritionnelles des matières premières. C’est le cas par exemple des nouvelles gammes de jus de fruits obtenus par pression à froid qui émergent actuellement.
• Engagement croissant des industriels dans des processus de labellisation ou de certification afin d’affirmer leur engagement dans une démarche de transparence auprès des consommateurs .
• Multiplication probable des mentions « sans » sur les emballages, par exemple « sans OGM » ou « sans conservateurs », dans le but de rassurer le consommateur et de valoriser les efforts de la marque dans le domaine de la naturalité. De manière générale, la naturalité des produits sera probablement davantage mise en avant sur les emballages.
• Possible obligation de l’étiquetage des produits alimentaires issus d’animaux nourris aux OGM (viande, lait, œuf…), tout comme la mention « élevé sans antibiotique » mise en place par certains industriels, ce qui pourrait avoir des répercutions négatives sur la consommation de ces produits, et à l’inverse pourrait encourager la consommation de produits n’utilisant pas d’OGM dans l’alimentation animale.
• Développement de produits avec garantie de résultats, par exemple sans résidus de pesticides, dans l’industrie des aliments pour enfants et bébés.
• Généralisation de gammes de produits issus de l’agriculture biologique, sans OGM, avec une faible utilisation d’intrants de synthèse dans l’industrie de l’alimentation animale.

6- Impacts sur la production agricole

Les agriculteurs vont probablement être incités à mettre plus en place des modes de production faibles en intrants, et en particulier en intrants de synthèse.
• Réduction de la quantité d’intrants de synthèse utilisés, et notamment la quantité de produits phytosanitaires, et changement du type de produits utilisés (fumier, biopesticides).
• Développement de nouveaux outils comme l’agriculture de précision ou de nouveaux produits comme les produits de biocontrôle permettant de lutter contre les maladies et les ravageurs.
• Augmentation rapide du nombre de fermes converties en agriculture biologique en raison de la demande croissante en produits biologiques. • Réduction de l’utilisation des produits utilisés en agriculture conventionnelle risquant d’entrainer une baisse de rendement et une variabilité de rendement plus importante si cette mesure n’est pas assortie d’une modification globale des pratiques agricoles. Un accompagnement technique sera nécessaire à cette adaptation.
• Utilisation croissante d’aliments pour animaux sans OGM, dans la mesure du possible, ce qui pourrait entrainer une augmentation de la quantité de soja produit en France à destination de l’alimentation animale.
• Réduction de l’utilisation des antibiotiques.
• Potentiel durcissement des réglementations concernant les usages des fertilisants, des phytosanitaires ou encore des OGM ou des produits vétérinaires au détriment des intrants de synthèse et vétérinaires et des OGM à destination de l’alimentation animale.
• Emergence de systèmes de certification ou labels incluant des obligations de résultats, par exemple une diminution de la quantité de phytosanitaires résiduels sur les produits ou dans les sols.

P.-S.

Travail réalisé par Blezat consulting, le Crédoc et Deloitte développement Durable. Ce document n’engage que ses auteurs et ne constitue pas le point de vue des commanditaires. Étude commandée dans le cadre du Contrat de Filière Agroalimentaire par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, l’ANIA, la CGAD, la CGI, Coop de France, la FCD et FranceAgriMer.

Sources :

• AGENCE BIO, 18 février 2015, La Bio poursuit son développement et accroît son rayonnement auprès des français http://www.agencebio.org/sites/defa...

• ALCIMED, 21 mai 2013, Communiqué de presse www.alcimed.com/html/display_pdf/le...

• DGCCRF, 2009, Emploi des termes « naturel », « 100% nature » et de toute autre expression équivalente sur l’étiquetage des denrées alimentaires. Note d’information n° 2009-136

• Lorient Denis, 2011, Aliment et naturalité : mythe ou réalité ? Synthèse d’une note élaborée à partir des contributions des membres de la section « Alimentation » de l’Académie d’Agriculture de France

• MEDIAPRISM, 2013, Les Français et les produits naturels : opinion, comportements et attitudes LA PRESSE EN PARLE

• E-marketing.com, 9 juillet 2013, Les Français en quête de naturalité dans leur alimentation http://www.e-marketing.fr/Thematiqu...

• PROCESS Alimentaire, 8 juillet 2013, Naturalité : la tendance de fond http://www.processalimentaire.com/I...