Skip to content

Accueil du site > 6- INNOVATIONS ALIMENTAIRES > 1- Les Tendances > Comportement alimentaire en 2025 > Circuits courts

Circuits courts

samedi 25 mars 2017, par AMROUCHE

 Deux sous-tendances principales

1-Vers plus de proximité…géographique


La recherche de proximité géographique s’explique essentiellement par trois motivations. Les premières motivations sont liées et correspondent d’une part à la volonté de soutenir l’économie locale voire nationale (patriotisme économique) et d’autre part à la volonté de maîtriser ses approvisionnements (défiance envers les produits importés ou non tracés). La troisième motivation fait appel à des ressorts plus personnels, avec une recherche de goût et de qualité. L’échelle d’expression du besoin (local, régional, national) va dépendre des produits (ex : Tomate française/tomate espagnole), des consommateurs (plus ou moins exigeants), des circuits de distribution (échelle plus limité dans des commerces de « proximité »), mais aussi de la disponibilité de l’offre locale.

Dans les représentations des consommateurs, manger local répond aussi à une finalité plus écologique : des aliments produits localement auraient moins voyagé et ont donc moins contribué à la pollution de la planète ; ils présenteraient également des garanties de fraîcheur. Ces produits locaux sont de fait pour eux gages de qualité, sur les plans organoleptique (goût, texture, odeur) et sanitaire (risques pour la santé).

Chiffre :
64% des Français sont tout à fait d’accord avec l’affirmation que les produits alimentaires locaux permettent de faire marcher l’économie locale et d’aider les producteurs locaux (97% sont tout à fait ou plutôt d’accord). Il ne sont que 25% à être tout à fait d’accord avec l’affirmation que les produits locaux alimentaires sont plus respectueux de l’environnement (86% sont tout à fait ou plutôt d’accord). (IPSOS, les Français et le consommer local 2014)

Perspective 2025 :

Cette tendance devrait se poursuivre à l’horizon 2025, portée par l’essor des préoccupations éthiques relatives à l’environnement et à l’emploi local, ainsi que le refus grandissant d’une économie mondialisée et d’un monde perçu comme dangereux et instable.
DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Crise agricole : recherche par les opérateurs de la filière d’une meilleure valorisation via le marketing et la communication (promotion de l’origine France, régionale, terroir, locale)
  • Crises sanitaires pouvant émerger (y compris dans d’autres pays ou continents)
  • Réchauffement climatique et montée des préoccupations écologiques
  • Accords commerciaux pouvant renforcer le sentiment anti-mondialisation

Mais de potentiels points d’inflexion ou des freins qui limiteront l’importance de cette sous-tendance : des prix qui peuvent décourager certains consommateurs, une reprise économique et donc un moindre repli sur soi, une baisse du chômage et un moindre soutien à l’économie locale.

2-Vers plus de proximité…relationnelle


Le développement de la vente directe et des circuits courts, qui prône l’absence ou un nombre limité d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur, peut s’interpréter comme une forme de contestation de la société de consommation de masse. Avec l’essor des grandes et moyennes surfaces alimentaires, l’urbanisation grandissante de la société, le consommateur n’est plus en contact avec le producteur : il ne sait pas qui a fabriqué le produit qu’il achète et il n’a pas de possibilité d’interaction avec lui.
La vente directe est pratiquée pour des produits tels que les fruits et légumes, la viande, le lait, le fromage, les ultra-frais laitiers, le poisson, le vin… et dans une moindre mesure pour des produits élaborés. Certaines fermes proposent même la « cueillette à la ferme », permettant aux consommateurs de découvrir le travail des agriculteurs, le lieu et les conditions de production. Le consommateur achetant directement à un producteur, cherche à répondre à plusieurs besoins : maîtrise de son approvisionnement voire des informations concernant les conditions de production, réassurance apportée par le producteur lui-même, construction de liens relationnels, volonté de rétribuer directement le producteur. Cette proximité relationnelle n’empêche pas le consommateur d’avoir les mêmes services que pour d’autres circuits de distribution : volonté d’avoir des promotions, des informations sur le produits, des cartes de fidélité… Cela peut même conduire à des exigences contradictoires qui limitent le lien physique et le contact individuel. Ainsi, la recherche de praticité d’achat et de réduction du temps liés aux achats alimentaires, conduisent à la recherche de nouvelles formes de vente directe voire indirecte (drives, plateforme type Ruche qui dit oui !, magasin de producteurs à grande échelle..)
Ce besoin de proximité relationnelle peut également s’exprimer au niveau du commerce de « proximité », notamment au niveau des commerçants spécialisés en frais, qui sont en capacité de conseiller et communiquer sur les produits de « proximité » vendus.

Définition
Les circuits courts ont été officiellement définis par le ministère de l’Agriculture comme un mode de commercialisation faisant intervenir au maximum un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Il existe donc deux systèmes : la vente directe exercée directement par le producteur et la vente indirecte quand un intermédiaire rentre en jeu (détaillant, grossiste, magasin de la grande distribution, restauration etc.). Source : site du Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la forêt

Perspective 2025 :
La vente directe devrait continuer à séduire davantage de consommateurs, inquiets du sort des producteurs et en quête d’interaction sociale. Elle pourra néanmoins être concurrencée par d’autres concepts liés au développement de l’économie collaborative.
Au-delà des produits agricoles bruts qui sont à l’origine de cette tendance, cette recherche de proximité s’élargira à d’autres produits : produits alimentaires élaborés (vente directe via des magasins d’usine ou des plateformes par exemple), produits non alimentaires.

DES FACTEURS EN FAVEUR DE CETTE SOUS-TENDANCE À L’HORIZON 2025 :

  • Crise de l’agriculture française poussant les producteurs à développer ces offres de proximité et sensibilisant les consommateurs à du patriotisme économique
  • Crises sanitaires pouvant émerger (y compris dans d’autres pays ou continents)
  • Recherche de lien social dans une société de plus en plus individualiste
  • Utilisation de nouvelles technologies de mise en relation et de commercialisation

P.-S.

SOURCES :

Travail réalisé par Blezat consulting, le Crédoc et Deloitte développement Durable. Ce document n’engage que ses auteurs et ne constitue pas le point de vue des commanditaires. Étude commandée dans le cadre du Contrat de Filière Agroalimentaire par le ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, l’ANIA, la CGAD, la CGI, Coop de France, la FCD et FranceAgriMer.

• CREDOC, 2015, Baromètre du NUMÉRIQUE, pour le Conseil Général de l’Economie (CGE) et l’Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP)

• S. DURY, 2008, Les consommateurs de l’Hérault face aux circuits courts de commercialisation et aux produits, Les Cahiers de l’Observatoire CROC, n°5, Montpellier, janvier 2008, (14 p.).

• FranceAgriMer, 2016, Etude sur la notion de proximité dans la filière fruits et légumes frais, Etude réalisée par Blezat Consulting

• P. HEBEL, T. MATHE, 2015, Représentations de la consommation en période de sortie de crise économique, CREDOC, Cahier de recherche n°329, Décembre 2015.

• IPSOS, février 2014, les Français et le consommer local, Enquête IPSOS pour bienvenue à la ferme

• I. VAN DE WALLE, X. MORDRET, 2011, Faire ses courses durablement, Les mobilités liées aux pratiques d’approvisionnement alimentaire des périurbains, Une étude de cas dans l’agglomération caennaise, Paris, Collection des rapports du CREDOC, n°287.

LA PRESSE EN PARLE

• CAPITAL, 25 juillet 2014, Grosse bagarre entre Carrefour et Leclerc sur le marché florissant des produits régionaux, http://www.capital.fr/enquetes/doss...

• LSA, 1 mars 2012, Comment valoriser les produits locaux en magasins, http://www.lsa-conso.fr/comment-val...,129136

• LSA, 4 septembre 2009, La Ruche qui dit Oui !, la start-up qui cartonne chez les locavores, http://www.lsa-conso.fr/la-ruche-qu...,183416