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L’écoconception des produits alimentaires

mercredi 22 août 2018, par AMROUCHE

L’écoconception des produits alimentaires

Un produit alimentaire est issu d’un processus de transformation de matières agricoles, d’origine végétale ou animale. Ce produit est le plus souvent conditionné. Après fabrication, il sera emballé, distribué, puis consommé.

L’industrie agro-alimentaire est donc une industrie de transformation et de conservation des matières premières agricoles, qui est caractérisée par des flux entrants de matières, additifs, eau, énergie, auxiliaires technologiques et emballages et des flux sortants : produits finis, déchets, eaux usées, Composés volatils…

Un produit alimentaire, s’inscrit ainsi dans un « cycle de vie », dont voici les principales étapes :

  • la production des intrants agricoles (engrais. produits phytosanitaires…) ;
  • la production de matières premières agricoles par la culture et l’élevage ;
  • la production de produits transformés (broyage, formulation, traitements thermiques…) ;
  • le conditionnement ;
  • la distribution jusqu’au lieu de vente ;
  • l’utilisation par le consommateur final ;
    et la fin de vie du produit et de son emballage.

N’oublions pas qu’entre chacune de ces étapes, il y a le plus souvent du stockage et des transports.
Chacune de ces étapes est également caractérisée par des flux entrants et des flux sortants puisés ou rejetés dans les milieux naturels : eau, pétrole, gaz naturel, composés volatils…
En raison de ces flux intrants et sortants, chacune des étapes du cycle de vie du produit alimentaire a un impact plus ou moins important sur la santé des populations, sur les écosystèmes et aussi sur les ressources naturelles par épuisement des ressources fossiles et utilisation des ressources minérales.

Ces impacts environnementaux peuvent être déterminés qualitativement et quantitativement par la méthode d’analyse de cycle de vie ou ACV. Pour cela on réalise l’inventaire de l’ensemble des flux entrants et sortants des différentes étapes du système que l’on souhaite étudier comme la production d’un produit alimentaire donné.

Cet inventaire est converti en impacts environnementaux selon différentes catégories d’impacts : changement climatique, consommation d’eau, eutrophisation, écotoxicité.

La méthode d’ACV permet d’évaluer la contribution relative des différentes étapes du cycle de vie du produit à son impact environnemental global. Ainsi, ce graphique représente des résultats d’ACV sur seulement un critère : « émission de gaz à effet de serre », de la production de trois aliments : vins de Bourgogne/Beaujolais, foie gras et huile de tournesol.

On voit à travers ces trois exemples que les profils environnementaux des produits alimentaires peuvent être très différents, en fonction des modes de production de conditionnement et de distribution. La contribution de la phase de production agricole est souvent très importante comparativement à celle de la transformation agro-industrielle, et dans certains cas ce sont les étapes « hors production de l’aliment » qui sont les plus impactantes, comme pour le vin. Dans ce cas précis, cela est lié :

  • à l’usage du verre comme matériau de conditionnement ; la production du verre a un impact environnemental élevé car c’est un procédé thermique qui nécessite beaucoup d’énergie ;
  • au poids du produit transporté pour la commercialisation ;
  • et à certains modes de transport choisis. Le « Beaujolais nouveau » est parfois transporté par avion pour être commercialisé dans le monde entier à une date précise.
    L’écoconception vise à intégrer la performance environnementale lors de la phase de conception ou d’amélioration du produit aux côtés des critères plus habituels que sont le coût la qualité, la faisabilité technique les attentes du marché…

Il existe différentes pistes d’action pour réduire l’impact environnemental du produit commercialisé :

  • agir sur les consommables achetés. Des produits agricoles issus de l’agriculture raisonnée ou des matériaux recyclés sont une solution.
  • optimiser le procédé de transformation en utilisant des équipements moins énergivores, en réduisant le poids des emballages ou encore en valorisant les déchets.
  • optimiser la logistique pour réduire les dépenses de carburant ;
  • optimiser le conditionnement et les conditions de stockage du produit pour augmenter sa durée d’utilisation ;
  • choisir des matériaux recyclables pour optimiser la phase de fin de vie des emballages ;
  • accompagner le client ou le consommateur dans la phase d’utilisation du produit.

La méthode d’ACV que nous avons vue précédemment est utile pour évaluer le gain environnemental de la démarche d’écoconception, s’assurer que le nouveau produit est moins impactant que l’ancien, mais surtout vérifier qu’il n’y a pas eu de transfert de pollution d’une étape du cycle de vie à une autre. Par exemple, la réduction des consommations d’énergie lors de la phase de transformation a eu pour conséquence de devoir utiliser un nouveau matériau de conditionnement plus impactant.