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Le produit alimentaire et l’information environnementale

mercredi 22 août 2018, par AMROUCHE

Le produit alimentaire et l’information environnementale

Il est possible de déterminer qualitativement et quantitativement les impacts environnementaux d’un produit alimentaire. Effectivement, la méthode d’analyse de cycle de vie ou ACV permet d’orienter et évaluer une démarche d’écoconception. Nous allons voir maintenant comment une entreprise agro-alimentaire peut communiquer sur sa performance environnementale à partir des résultats d’une analyse de cycle de vie.

C’est ce qu’on appelle une information environnementale.

Il existe différents niveaux d’information environnementale. En fonction des objectifs recherchés :

  • il peut s’agir d’un écolabel. qui garantit que le produit répond à des critères définis par un organisme certificateur ; la qualité environnementale est alors reconnue par un label ;
  • il peut s’agird’une autodéclaration environnementale. sous la responsabilité du producteur ou du distributeur. sur les aspects environnementaux du produit (« biodégradable », « recyclable ») ; le producteur déclare que son produit présente telle ou telle qualité environnementale ;
  • il peut s’agir d’un écoprofil. qui consiste à traduire des résultats issus d’une analyse de cycle de vie, sous forme de chiffres ou de diagrammes, pour que les personnes informées puissent se faire une opinion. L’écoprofil permet également la comparaison de produits répondant à une même fonction.

Nous nous intéresserons dans cet article plus spécifiquement à ce 3° niveau.
L’information environnementale que l’on appelle aussi parfois « affichage environnemental », s’est beaucoup développée en France à partir de 2007 suite au Grenelle de l’environnement. En effet les lois Grenelle indiquent que « Les consommateurs doivent pouvoir disposer d’une information environnementale sincère objective et complète portant sur les caractéristiques globales du couple produit/emballage et se voir proposer des produits respectueux de l’environnement à des prix attractifs ». Elles précisent aussi qu’une expérimentation est menée afin d’informer progressivement le consommateur du contenu en équivalent carbone des produits et de leur emballage ainsi que de la consommation de ressources naturelles ou de l’impact sur les milieux naturels qui sont imputables à ces produits au cours de leur cycle de vie.

Il s’agit très clairement d’appliquer l’analyse de cycle de vie pour une information environnementale.
Dans le cadre de cette expérimentation, la fédération des corps gras communique sur des valeurs de référence pour les huiles de colza et de tournesol qui sont représentatives de la production à l’échelle nationale. Ces résultats permettent de connaître les émissions de gaz à effet de serre et la quantité d’eau nécessaire à la production de ces huiles. Les résultats sont exprimés pour une bouteille d’huile telle que le consommateur peut la trouver sur un lieu de vente. Il s’agit alors d’une information environnementale destinée au consommateur final. Ou pour une huile non conditionnée. il s’agit alors d’une information environnementale destinée à un industriel qui va utiliser cette huile en tant qu’ingrédient pour un produit alimentaire formulé.

Lesieur a calculé de son côté les émissions de gaz à effet et les consommations d’eau pour la marque « Fleur de colza ». Ils indiquent sur leur site que la valeur trouvée pour les émissions de gaz à effet est inférieure à la valeur de référence pour l’huile de colza que nous avons vue précédemment en raison des actions d’écoconception engagée par l’entreprise. L’information environnementale est donc utilisée ici à des fins comparatives.

De son côté. Saint Hubert a utilisé les mêmes valeurs de référence pour déterminer une information environnementale sur les margarines pour lesquelles l’huile est utilisée comme ingrédient.

Bonduelle a quant à lui communiqué sur les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d’eau d’une boîte de conserve de petit pois.

Nous verrons dans la séquence suivante comment ces informations environnementales peuvent être utilisées pour engager une démarche d’approvisionnement durable.