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L’approvisionnement durable - le bilan carbone

mercredi 22 août 2018, par AMROUCHE

L’approvisionnement durable - le bilan carbone

L’approvisionnement durable vise une exploitation efficace des ressources en limitant l’impact sur l’environnement.

Dans cet article, nous allons voir à travers l’exemple du Bilan carbone® d’une entreprise agro-alimentaire en quoi l’approvisionnement a une importance capitale dans l’impact global de son activité. Le Bilan carbone® est une méthode permettant d’évaluer les émissions de gaz à effet de serre générées par l’activité d’une entreprise en intégrant toutes les étapes du cycle de vie : des étapes amont, comme la production des matières premières, jusqu’aux étapes aval, comme l’utilisation qui sera faite du produit commercialisé.

Nous voyons ici le Bilan carboné global d’une usine de raffinage et de conditionnement d’huiles végétales. Ces huiles sont produites à partir de la culture de graines de colza et de tournesol. Toutes les activités induites par l’usine sur une année ont été prises en compte jusqu’aux déplacements domicile/travail des salariés de l’entreprise. Beaucoup de postes concernent l’approvisionnement de l’usine :

  • les consommations de gaz et d’électricité ;
  • les matières premières, ici l’huile brute ;
  • les consommables qui seront utilisés pour les opérations de raffinage ;
  • les consommables qui seront utilisés pour conditionner l’huile en bouteille ;
  • les différents services achetés par l’entreprise, l’assurance par exemple ; et les équipements et bâtiments, exprimés en amortissement car leur durée d’utilisation est supérieure à l’année.

Tous ces approvisionnements représentent plus de 8o % du bilan carbone® de l’entreprise !

Il s’agit là d’un profil assez classique en agro-alimentaire, en raison de l’impact environnemental de la matière première d’origine agricole.
Nous voyons donc par cet exemple que la qualité environnementale du produit alimentaire va dépendre fortement de l’approvisionnement, et cela tout au long de la chaîne de valeur.

Il existe deux principaux leviers d’actions pour maîtriser au mieux l’approvisionnement :

  • il est possible d’agir sur la quantité d’approvisionnement en optimisant son activité de production pour produire mieux avec moins ; nous verrons plus particulièrement cette approche dans la séquence suivante « réduction des intrants et extrants » ;
  • et de sélectionner des approvisionnements en fonction de leur impact environnemental ; cela s’intègre dans une démarche dite « d’achat responsable ».

L’intérêt de cette démarche et les motivations pour s’y engager sont multiples. Ils peuvent être d’ordre :

  • économique pour optimiser les coûts d’achat ou anticiper une taxation du carbone ;
  • environnemental afin de réduire l’impact de son activité et du produit commercial ;
  • ou sociétal. On peut sélectionner ses fournisseurs sur des critères sociétaux pour répondre aux exigences des clients des actionnaires du groupe.

Intégrer la notion de durabilité dans la pratique d’achat habituelle de l’entreprise impose d’inclure dans la démarche :

  • la définition préalable des besoins réels en approvisionnement : avant d’acheter il faut bien réfléchir à ce dont on a réellement besoin,
  • Il faut établir de nouveaux critères d’achat liés à l’environnement à importance égale des critères habituellement pris en compte et
  • acheter différemment en créant une nouvelle forme de relation avec ses fournisseurs, afin de se démarquer de la concurrence.
    Les distilleries vinicoles traitent les marcs de raisin, qui sont des sous-produits viti-vinicoles pour les transformer en alcool et pépins de raisin. Nous avons vu tout à l’heure que la production d’huile végétale, à partir de graines issues de cultures agricoles avait pour conséquence un approvisionnement à fort impact environnemental pour les usines de raffinage d’huile.

La recherche d’un approvisionnement durable pour ces deux industries a permis, grâce à la concertation de concevoir des solutions innovantes :

  • l’huilerie conserve une activité de production d’huile à partir de graines de tournesol mais s’approvisionne également en pépins de raisin pour en extraire l’huile. Cette solution de valorisation d’un sous-produit issu de la production viti-vinicole permet de réduire l’impact environnemental de l’approvisionnement de l’huilerie, car pour une même quantité d’huile produite, il n’est plus nécessaire de cultiver autant de graines de tournesol ;
  • le pépin de raisin déshuilé qui a les mêmes propriétés combustibles que le bois, repart dans la distillerie pour alimenter la chaudière ; en effet, les distilleries ont des très gros besoins en énergie, et sont habituellement approvisionnées en gaz d’origine fossile.

Nous avons donc ici deux exemples d’approvisionnement durable :

  • l’un concerne la matière première : on réduit la quantité de matière première nécessaire en valorisant un sous-produit ;
  • l’autre concerne l’énergie : on évite la consommation de gaz d’origine fossile en brûlant en chaudière un produit issu de la biomasse, le pépin de raisin déshuilé.