Skip to content

Accueil du site > 7- Manger sain > Nutrition > Les super-aliments : Intérêts & limites

Les super-aliments : Intérêts & limites

lundi 24 février 2020, par AMROUCHE

Les super aliments : réalité, supercherie et/ou danger ?

Avez-vous entendu parler des « super-aliments » ou « super food » ? Ces aliments qui possèderaient des valeurs nutritives et qualités protectrices reconnues comme exceptionnelles pour notre santé ?
Depuis une dizaine d’années, la mode des super-aliments a décollé. Prisés pour les vertus qu’on leur prête, ces fruits, légumes, épices, écorces ou algues ont conquis les consommateurs « healthy » des grandes villes occidentales.

En gélules, poudre, comprimé, boisson,…ces super –aliments qui ont de réelles valeurs nutritives ont des vertus souvent disproportionnées !

Les super-aliments

1- Quels sont les principaux super-aliments ?

Les principaux super-aliments sont les suivants :

les baies de goji : exceptionnelle teneur en antioxydants et exceptionnelle teneur en vitamine C font aussi de cette petite baie un très efficace remède contre la fatigue. Pour en savoir plus cliquer ici

la grenade pour son effet contre l’hypertension ;
la myrtille pour ses composés antioxydants permettant de lutter contre le vieillissement ou le cancer colorectal ; elle favoriserait également la lutte contre l’hypertension ;
le cassis
le chou kale
les algues comme la spiruline, la klamath ou encore la chlorella
le curcuma anti-inflammatoire et antioxydant   ;
le ginseng
le soja
les graines germées
la gelée royale
• …
Toutefois, cette liste de super-aliments n’est pas exhaustive. Par exemple, le site Womansday.com en compte 50 !

2- Définition

2-Définition

Le terme « super aliments » est surtout un vocable utilisé par le marketing ! Il n’est pas utilisé par les diététiciens, mais surtout par les adeptes de la nourriture « healthy »
Il n’existe pas de définition scientifique officielle. Cependant, l’Oxford English Dictionary définit un super-aliment comme « un aliment riche en nutriments, considéré comme particulièrement bénéfique en termes de santé et de bien-être ».
L’allégation « super aliments » ou « super fruit » n’est pas reconnue par la législation de l’union européenne ! La réglementation de l’Union européenne interdit aux industriels de l’alimentation de faire des allégations alimentaires sur le packaging de leurs produits, sans recherche scientifique prouvant leurs allégations.

3- Les limites

3- Les limites de la consommation des super-aliments

31- Des promesses souvent usurpées

« Ces aliments sont mis en avant pour leur forte concentration en substances présentées comme intéressantes du point de vue nutritionnel. Ils sont aussi généralement consommés en très faible quantité. Or, c’est elle qui compte in fine », explique la professeure Irène Margaritis, cheffe de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition de l’agence sanitaire (Anses).
D’autres consomment des graines de chia pour compenser le manque de protéines de leur régime alimentaire. Mais pour ingérer l’équivalent en protéines de 100 grammes de viande bovine, ces consommateurs devraient manger près de 150 grammes de ces petites perles « dont la forte teneur en fibres peut provoquer des soucis intestinaux », prévient la diététicienne et nutritionniste Florence Foucaut. Même problème avec le curcuma, dont les mérites sont régulièrement vantés dans la presse féminine. « Pour bénéficier de ses vertus anti-inflammatoire, il faut en avaler au moins une cuillère à soupe. En saupoudrer ses plats ne suffit pas. »

32- Les risques associés à la consommation de ces super-aliments

« Chez les fumeurs, la surconsommation de spiruline, un superaliment particulièrement chargé en bêtacarotène, augmente aussi le risque de cancer du poumon » ajoute la scientifique.
Outre les croyances populaires sur cette algue verte prisée des végétaliens pour son apport en vitamine B12 - pourtant inassimilable par l’organisme - l’Anses a enregistré, via son dispositif de veille, une cinquantaine de signalements pour effets indésirables, dont un oedème facial. « L’eau avec laquelle les produits incriminés sont cultivés, surtout hors de l’Union européenne, peut contenir des métaux lourds. L’algue peut également être contaminée par des toxines », précise Irène Margaritis. Seuls remontent les cas signalés à l’Anses qui, jusque-là, n’a pas eu à tester les baies de goji, contrairement à son homologue hollandais, la NVWA, dont les récentes découvertes ont scandalisé.

À propos des autres vertus associées à la curcuma, la chercheuse en épidémiologie nutritionnelle Mathilde Touvier se montre encore plus prudente. « Des études menées sur des souris montrent des effets prometteurs sur le cancer du côlon. Mais rien n’indique que cela fonctionne chez l’humain », rappelle la professeure de l’Inserm.

Régulièrement, des patients atteints de cancer la contactent pour partager leurs dernières découvertes. Extraits de papaye verte fermentée, baies de goji… « Tout n’est probablement pas à mettre à la poubelle. Mais aucune étude de grande ampleur n’a été menée sur ces aliments pour le moment. Nous avons mis la charrue avant les bœufs. L’engouement marketing est présent bien avant les preuves scientifiques. Et c’est dangereux ! », alerte la spécialiste. « Cela donne l’impression que l’on peut faire n’importe quoi et se trouver protégé simplement parce qu’on consomme ces produits. »

En 2016, l’autorité de sûreté alimentaire néerlandaise a ainsi examiné 30 échantillons de ces baies présentées comme miraculeuses, utilisées en médecine traditionnelle chinoise,et dont la consommation est en pleine expansion en Europe. « Parmi ces échantillons, 11 venaient de Chine, 1 du Royaume-Uni (ce qui est impossible, car ils n’en produisent pas) et 18 étaient d’origine inconnue, donc intraçables. C’est inacceptable d’un point de vue légal, mais aussi en ce qui concerne la sécurité alimentaire », s’insurge Corinne Cornelisse, militante de Food Watch, une organisation non-gouvernementale de défense des consommateurs, aux Pays-Bas.
L’analyse des baies n’a pas non plus rassuré les consommateurs. « Un des sept échantillons de baies de goji bio était contaminé par 18 pesticides différents. Sur l’ensemble des produits testés, sept sur dix dépassaient les niveaux légaux de pesticides, jusqu’à 55 fois la dose maximum autorisée. Ils étaient tout autant à contenir des pesticides interdits en Europe en raison des risques éventuels pour la santé », poursuit l’activiste, qui regrette que la NVWA n’en ait pas informé les consommateurs.
L’ONG assure que les États-membres de l’Union européenne épinglent régulièrement les marques de baies de goji en raison de l’usage de pesticides interdits. La plate-forme numérique de la Commission européenne, la RASFF (Food and Feed Safety Alerts), en témoigne, effectivement. Entre le carbofuran, interdit depuis 2008 en France à cause de sa toxicité, et la présence de salmonelle, les alertes impliquant les baies de goji sont nombreuses au sein de l’UE. « C’est la double peine : les gens prennent parfois des risques en plus de consommer des produits dont les bienfaits ne sont pas toujours prouvés », résume Irène Margaritis.

4- Exemples

4- Exemples de super-aliments suspects

41- Les baies de Gogie


Chez nous, ces petites baies originaires de chine sont consommées séchée en jus, en poudre ou en gélules, si elles sont réputées pour leur richesse en vitamines et antioxydants, les nutriments qu‘elles renferment se trouvent en quantités équivalentes dans nos aliments classiques. Ainsi, un quart d’orange apporte la même teneur en vitamine C qu‘une poignée de baies séchées. Malgré les vertus qu’on leur prête, il n’existe aucune preuve solide montrant que les suppléments base d’antioxydants ou de vitamines jouent un rôle de prévention clans les accidents cardiovasculaires ou les cancers (le rôle protecteur des fruits et légumes vis à vis de ces maladies est. en revanche bien établi). De plus, nos confrères belges de Test Achats om publié en novembre 2018 les résultats d’analyses menées sur 15 paquets de baies de goji séchées. ils y ont retrouvé jusqu’à 14 traces différentes de pesticides… Plusieurs références ont, depuis. été retirées de la vente.

42- L’Aloe Vera

ll lui arrive d être très irritant !
On trouve l’aloe vera sous la forme de jus ou de compléments alimentaires ou de feuilles fraiches notamment facilitant le transit. Mais attention. en 2018, l‘Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) mettait en garde contre les dérivés d’hydroxyanthracénes, ou DHA, que contient cette plante. Elle concluait ainsi que plusieurs de ces dérivés sont génotoxiques (susceptibles d’endommager I‘ADN). Lors d ’essais sur des animaux, certaines de ces substances ont engendré un cancer de l‘intestin ». De telles substances sont surtout présentes dans les couches extérieures de la feuille, qui sécrètent un liquide jaune(appelé latex). Outre sa richesse , en DHA, l’aloe vera possède des propriétés laxatives trés puissantes, a l’origine de multiples effets indésirables. Par conséquent. il n’a pas été possible de fixer un apport quotidien sans danger pour l’homme. A la suite de ce rapport, l‘Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) recommandait aux consommateurs de feuilles fraiches d’aloe vera d’en éliminer la partie externe et toute présence de latex. Pour n’absorber que le gel situé au centre. Enfin, par précaution, l‘Anses déconseillait ces feuilles aux enfants, aux femmes enceintes et allaitantes ainsi qu’aux personnes fragiles.

43- La spiruline
La spiruline est parfois qualifiée d’algue microscopique bleu-vert. Cette cyanobactérie a la forme d’un minuscule filament enroulé en spires plus ou moins serrées.

Riche en protéines, en vitamines, en minéraux et en pigments antioxydants elle se développe dans les eaux douces ou saumâtres des pays du Sud. Au Tchad il s’agit d’un aliment traditionnel. Vendue ici en poudre, paillettes, ou gélules, elle est présentée comme un alirnent ou un complément alimentaire apportant divers bienfaits à La santé (tonus, vitalité…). Néanmoins, dans un avis de 2017, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) rapporte avoir reçu 49 signalements de produits à base de spiruline, Elle conclut que ces derniers sont susceptibles d’entrainer de sérieux effets secondaires : œdème de Quicke, troubles digestifs sévères, affection du tissu musculaire, insuffisance rénale… Soulignant que cette algue peut étre contaminée par des toxines des bactéries ou des métaux lourds (plomb, mercure, arsenic), l’Agence estime toutefois que, lorsque ce n’est pas le cas la consommation de faibles doses (la portion généralement conseillée s’élève a 5 g par jour chez l’adulte) s‘avére sans danger sauf pour les individus à terrain allergique. L‘Anses prévient par ailleurs les végétariens qui pensent y trouver une source de vitamine B12, laquelle fait défaut aux régimes sans produits animaliers : celle contenue dans la spiruline se révèle majoritairement inactive.

44- Les smoothie vert « detox »

Ces smoothies aux légumes feuilles sont un classique de la mode détox, laquelle n’a jamais démontré son efficacité.
Notre corps est apte à se débarrasser seul des toxines. L’idée de renforcer ce processus physiologique ne repose sur aucune donnée scientifique solide. Entre 2008 et 2012, une soixantaine d’allégations santé qui portaient sur des plantes ou des produits revendiquant un effet détox ont été soumises a l’Agence européenne de sécurité sanitaire (EFSA), toutes ont été rejetées faute de preuves. En outre, les principaux ingrédients des smoothies verts, le chou frisé, les épinards et la laitue, contiennent de l‘acide oxalique. A forte dose, cette substance augmente le risque de formation de calculs rénaux. Lorsque ces légumes sont bouillis, ii y a peu de danger, la cuisson réduisant sa présence. Mais les smoothies ne subissent pas toujours un traitement thermique poussé. En 2017 une étude de l‘Office d‘Etat bavarois pour la santé sur ces breuvages, a montré que l’absorption de certains jus conduisait à dépasser la dose journalière admissible en acide oxalique (180 mg) : les plus hauts taux ayant été retrouvés dans des boissons associant légumes verts et rhubarbe, elle aussi forte pourvoyeuse d‘acide oxalique. L’agence allemande déconseille donc leur consommation fréquente.

Vous pouvez m'aider à financer l'hébergement de notre site Genie-Alimentaire.com.

Cliquez ici pour faire un don.