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1- Les emballages

jeudi 8 novembre 2012, par AMROUCHE

On se propose de dresser un portrait des emballages, de leurs rôles, de leurs impacts sur l’environnement et de leur évolution technologique, ainsi que des défis actuels et futurs auxquels ils doivent faire face.

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L’emballage dans tous ses états

Sommes-nous conscients de l’importance de l’emballage au quotidien ?

Sommes-nous au courant des facteurs déterminant le choix de l’emballage ? De l’impact de ces derniers sur nos décisions corporatives ? Du cadre réglementaire, des tendances mondiales et des défis locaux de cette industrie ?

L’emballage est en pleine évolution, et ce, à tous les niveaux : conception, fonctions, méthodes de fabrication, processus de sélection, matériaux, technologie et impact environnemental.

I- L’évolution des emballages

L’emballage existait déjà il y a plusieurs centaines d’années, son rôle principal étant alors de contenir et de transporter des produits sans risque.

L’évolution de l’industrie de l’emballage a été fortement influencée par la révolution industrielle du milieu du XIXe siècle, accompagnée d’un exode rural qui marquera l’augmentation de la demande dans les villages, autrefois auto-suffisants. Cette révolution industrielle a donc contribué à la croissance de comptoirs de vente de nourriture et de biens de consommation pour la nouvelle classe ouvrière en pleine émergence. L’évolution de l’ère industrielle a mené à la création de magasins à rayons, ce qui a créé le besoin d’informer le consommateur sur le produit et, plus tard, à différencier le produit pour mieux le vendre.

De nos jours, la mondialisation du commerce a poussé l’emballage à répondre à d’autres besoins de préservation à plus longue durée. Par exemple, le transport de produits congelés ou frais sur de longues distances a été permis grâce au développement de nouveaux emballages qui répondent techniquement à ces besoins.

Par ailleurs, la prise de conscience des populations à propos des dangers d’intoxication alimentaire, accompagnée d’une certaine volonté de détenir des produits frais de qualité supérieure, nous a permis d’assister à la naissance des emballages dits actifs et intelligents qui communiquent directement au consommateur l’information sur les caractéristiques du produit.

Depuis l’apparition des politiques de développement durable, nous assistons à l’émergence des emballages dits « durables », « écologiques » ou « verts ».

Cette réalité est particulièrement importante sur le marché européen. D’ailleurs les législateurs des pays membres de l’Union européenne ont légiféré en ce sens. Toutes ces demandes et pressions nous poussent à nous demander si nos systèmes d’emballage actuellement utilisés dans l’industrie agroalimentaire sont à jour.

Le temps où l’emballage jouait simplement le rôle de transport et de conservation du produit est révolu. Nous sommes en face d’une science de l’emballage, plus complexe et plus créative.

II- L’emballage : terminologie, fonctions et cadre réglementaire

Un emballage est souvent formé de multiples composantes de formes, de fonctions et de matériaux différents afin de répondre à des besoins complémentaires pour un produit déterminé. Plus particulièrement, l’emballage alimentaire (produits sensibles et périssables) ne doit pas présenter un risque pour la santé humaine et doit être compatible avec la nature du produit, sa forme physique, sa protection et sa dégradation causée par différentes causes biologiques ou chimiques.

** 2.1-Emballage : terminologie

Afin de se constituer une base lexicale technique de qualité, il est essentiel de revenir sur une classification des termes clés de l’industrie de l’emballage alimentaire.

  • L’emballage primaire : En contact direct avec le produit, il a pour but de contenir et de préserver celui-ci. Cet emballage doit être compatible avec le produit et le protéger de tout contaminant extérieur pouvant causer une éventuelle dégradation non souhaitée.
  • L’emballage secondaire : Il est souvent utilisé pour la protection de l’unité ou pour faciliter l’utilisation du produit. Plusieurs emballages primaires peuvent être contenus dans un emballage secondaire qui correspond donc à l’unité de vente. Il a également pour fonction de communiquer au consommateur l’information sur le produit et, par conséquent, de vendre le produit. On l’appelle aussi unité de vente.
  • L’emballage d’expédition : Il regroupe plusieurs emballages secondaires pour la manutention et la protection des contenants durant le transport.
  • L’emballage de transport : Il est souvent fait par des palettes réutilisables en bois ou en plastique qui permettent le transport, le stockage et la manutention de certaines quantités d’unités d’expédition. Pour illustration concrète (figure ci-dessus) : Le sac de céréales en plastique constitue un emballage primaire. Le carton contenant le sac en plastique de céréales constitue un emballage secondaire. La caisse en carton ondulé de boîtes de céréales constitue un emballage d’expédition. La palette constitue l’emballage de transport. Il est clair que le développement d’un emballage doit aussi répondre aux attentes de fonctionnalité, à l’image de marque, au profil du consommateur cible et au potentiel d’utilisation des machines automatisées existantes ou facilement développables, etc.

Cependant, dans cet article, nous traiterons seulement du rôle technique de l’emballage, le rôle de promotion du produit (aspect marketing) ne sera abordé que brièvement.

2.2- Les rôles de l’emballage alimentaire

a) Rôle technique de l’emballage Les emballages ont pour rôle de contenir le produit, de le préserver de toute contamination, de permettre son transport, sa distribution, son stockage, son étalage, son utilisation et enfin sa disposition finale. Le tableau suivant résume les différents rôles et intervenants en emballage alimentaire.

Il est cependant rare de trouver un seul emballage qui répond à tous ces rôles, d’où la nécessité d’un ensemble de matériaux qui forment un système d’emballage parfaitement adapté au produit.

L’emballage est donc un système de formes interdépendantes qui nécessite une approche globale afin de composer un système efficace.

L’approche système intègre plusieurs facteurs pour le design de l’emballage : le design du produit, sa fabrication, son entreposage, sa distribution, la vente au détail et la consommation en tenant compte de l’image de marque et de l’environnement législatif .

Les matériaux d’emballage les plus fréquemment utilisés dans l’industrie alimentaire sont : les plastiques (flexibles ou rigides), les papiers, les cartons, le verre et les métaux.

Les utilisateurs finaux sont les institutions, les grossistes, les détaillants et les consommateurs.

b) Rôle marketing de l’emballage Dans un marché de plus en plus compétitif où les nouveaux produits se multiplient à un rythme accéléré, l’emballage est devenu l’outil de communication le plus stratégique pour tous les produits de consommation courante.

Premier contact avec le consommateur, voire souvent le seul, le design d’emballage dépasse l’exercice esthétique : il est un véritable défi de communication.

Les sondages sont révélateurs : 70 % des décisions d’achat se prennent encore et toujours en magasin, de manière spontanée devant les rayons.

Même le meilleur produit bénéficiant du meilleur conditionnement peut se voir ignorer si :

  • 1) Il n’attire pas l’attention ;
  • 2) Il ne communique pas le bon message.

Un mauvais design d’emballage constitue d’ailleurs l’une des principales sources d’échec des nouveaux produits lancés par les PME, cette ultime étape de réalisation (et première étape de commercialisation) étant souvent trop rapidement (ou mal) pensée, créée et réalisée.

En emballage, tout a un sens. Prenons les couleurs, par exemple. Leur sens peut varier d’une catégorie de produits à l’autre : un vert trop vif évoquera des saveurs artificielles, alors qu’un vert doux suggérera plutôt un produit nature. Aussi, l’angle et le positionnement des différents éléments de communication peuvent transmettre une multitude de messages pouvant être positifs… ou contraires à l’image souhaitée.

Le cahier des charges emballage : Avant de commencer tout travail de conception, il est important de rédiger un cahier des charges d’emballage. Ce cahier des charges représente un condensé des éléments d’informations nécessaires à l’élaboration d’un emballage — et d’un message — efficace. Vous trouverez ci dessous les éléments à inclure dans un cahier des charges d’emballage.

Parmi les critères d’évaluation de l’emballage, nous citons :

  • Visibilité : Est-ce que le produit capte l’attention des yeux ?
  • Attirance : Le produit suscite-t-il l’intérêt ? Est-il désirable ?
  • Lisibilité : La lecture est-elle facile, les communications sont-elles perçues dans le bon ordre ?
  • Personnalité : L’emballage donne-t-il une idée juste et complète du produit ?
  • Différenciation : Le produit permet-il de se distinguer des produits concurrents

2.3-Cadre légal

Les lois sur l’emballage sont plutôt spécifiques à chaque pays, mais la mondialisation du commerce pousse vers l’harmonisation des lois locales avec des directives générales (exemple de l’Union européenne : la directive des emballages définit le cadre général de tous les pays membres).

Depuis 1994, les états membres de l’Union européenne peuvent développer leur politique en matière de prévention et de gestion des emballages et déchets d’emballages (94/62/CE).

D’autres exigences (2004/12/CE) se sont rajoutées ultérieurement, et nous citons :

  • Le caractère réutilisable de l’emballage ;
  • La fabrication et la composition des emballages ;
  • Le caractère valorisable de l’emballage (recyclage, valeur énergétique, compostage, etc.).

III- Emballage alimentaire et santé

De nos jours, le consommateur se préoccupe des aspects hygiène et santé des produits qu’il consomme. Pour répondre à ces nouvelles exigences, les transformateurs doivent enrichir leurs recettes de vitamines, d’antioxydants, ainsi que d’autres éléments nutritifs souvent très sensibles et volatiles.

Le procédé industriel joue aussi un rôle important pour garder les propriétés organoleptiques et nutritionnelles des aliments. L’emballage doit contribuer à la protection sanitaire des aliments, et ce, pour la plus longue durée possible.

La sélection de l’emballage est aussi fonction du procédé et du produit, chaque matériau d’emballage apporte un lot d’avantages et d’inconvénients pertinents.

Nous aborderons ces enjeux en traitant de la conservation des aliments, puis des normes d’emballage alimentaire avant de faire une présentation des différentes familles d’emballage.

31) La conservation des aliments

Les aliments sont des produits périssables, sous l’influence du temps et de l’environnement. Le mécanisme de détérioration des aliments résulte d’une action biologique et/ou physicochimique.

La conservation implique habituellement d’empêcher le développement des bactéries, champignons et autres micro-organismes, de retarder l’oxydation des graisses qui provoque le rancissement et l’autolyse par les propres enzymes des cellules de l’aliment.

Contrôler ces niveaux de dégradations permet d’obtenir une durée de vie relativement plus longue. Les méthodes classiques de conservation de la nourriture incluent le séchage ou dessiccation, la congélation, la mise sous vide, la pasteurisation, l’appertisation, l’irradiation et l’ajout d’agents de conservation. D’autres méthodes aident à maintenir l’aliment et lui ajoutent du goût, comme la salaison et le fumage, par exemple.

Une fois le procédé de conservation exécuté, l’emballage aura la fonction de protection et de conservation des aliments sans risque pour les consommateurs dans un délai acceptable.

Pour la conservation des aliments, nous utilisons la notion de barrière des emballages. Un emballage barrière empêche ou ralentit la perméabilité d’une composante volatile ou gazeuse (exemple : barrière à l’oxygène, à l’humidité, aux arômes, etc.). Parmi la multitude d’emballages existants sur le marché, seuls le métal et le verre offrent une barrière absolue.

Exemples : L’emballage du pain doit permettre de garder l’humidité du produit à l’intérieur ; celui des croustilles doit exclure l’humidité, l’oxygène et la lumière. L’emballage pour le café doit garder les huiles essentielles à l’intérieur, l’oxygène et l’humidité à l’extérieur.

L’emballage joue un rôle particulièrement important dans deux procédés de conservation : le traitement thermique et l’emballage sous atmosphère modifiée des aliments.

  • Produit et emballage avec traitement thermique Le processus thermique, couramment utilisé, diminue de manière considérable les micro-organismes afin d’augmenter la durée de vie du produit. L’emballage s’exposera à la température du produit chaud ou à la combinaison produit/emballage chauffé par différents procédés afin de rendre le produit pasteurisé ou stérile. Exemples : aliments pour enfants en bas âge, soupe en boîte de conserve, etc.
  • Emballage sous atmosphère modifiée (MAP) ou protectrice L’emballage sous atmosphère modifiée ou sous vide (MAP) permet d’évacuer l’air de l’emballage pour favoriser la conservation des aliments. Cependant, la viande a tendance à grisailler en l’absence d’oxygène. Pour remédier à ce problème, nous injectons un mélange en proportions différentes de gaz inertes en fonction de l’aliment à conserver. Les gaz utilisés sont l’azote, le dioxyde de carbone et l’oxygène. Chacun de ces gaz joue un rôle particulier en rendant l’emballage plus efficace. Les bénéfices de l’emballage sous atmosphère modifiée (MAP) :
    - Réduire le rythme de respiration des aliments ;
    - Réduire la sensibilité à l’éthylène ;
    - Rallonger la vie du produit en entrepôt. Ce mode de conditionnement gagne en popularité et concerne désormais les sandwichs comme les plats cuisinés ou les fruits secs.

Par ailleurs, l’hygiène constitue aussi un élément primordial pour les aliments qui sont emballés au moment de l’achat, par exemple chez le boucher ou le boulanger. Des emballages propres et pratiques offrent dans ce cas la meilleure garantie contre toute forme de contamination. À la maison, l’emballage joue un rôle clé sur le plan de l’hygiène des produits alimentaires. On remarque que beaucoup d’emballages sont facilement refermables après ouverture, par exemple. Le produit peut alors facilement être conservé dans une armoire, ce qui évite tout risque de contamination potentielle.

32- Les emballages et les aliments

a) Emballage en verre et en métal

Les emballages en verre et en métal figuraient auparavant parmi ceux qui étaient les plus utilisés dans l’industrie alimentaire, mais ils coûtent chers et sont plus lourds à transporter.

Les papiers cartons et plastiques ont pris beaucoup de place dans nos emballages, car ils sont plus flexibles et plus légers.

Dès leur conception, les emballages en verre sont prévus pour résister à l’écrasement vertical, aux chocs sur les lignes de conditionnement (physique ou thermique), au transport, ainsi qu’à la pression interne à l’intérieur du contenant. De plus, ces emballages sont recyclables à l’infini.

Les emballages en verre et en métal sont souvent utilisés pour les boissons. On retrouve généralement le verre pour les boissons alcooliques, comme le vin par exemple.

b) Emballage en aluminium L’aluminium est extrêmement fonctionnel en tant que matière d’emballage alimentaire, car il tolère des températures extrêmes. Par conséquent, il convient bien aux aliments qui ont besoin d’être surgelés, grillés, cuits ou simplement conservés au frais.

Certains récipients sont suffisamment robustes pour contenir des quantités importantes d’aliments, tout en conservant la légèreté qui caractérise l’aluminium.

L’inconvénient le plus important des emballages alimentaires en métal et aluminium est leur incompatibilité avec le réchauffement par micro-ondes.

Tout comme l’acier et le verre, l’aluminium présente un caractère indéfiniment et entièrement recyclable, sans altération de ses propriétés intrinsèques. Sa valorisation permet de limiter la consommation énergétique.

L’aluminium est principalement utilisé comme emballage de boissons sucrées comme les sodas, les boissons énergétiques ou encore les sirops.

c) Emballage papier/carton

Cet emballage est un dérivé de l’industrie du bois. Les fibres de cellulose sont recyclables jusqu’à sept fois, ce qui rend ce produit intéressant au point de vue environnemental mais également au plan des coûts.

Dans l’industrie alimentaire, nous utilisons habituellement une pâte à sulfate blanchie hautement collée (communément appelée SBS ou le food board).

Généralement, un matériau mesurant moins de 300 micromètres d’épaisseur est appelé papier, alors qu’un matériau qui mesure plus de 300 micromètres est appelé carton. L’unité de mesure est la masse par unité de surface .

Les cartons sont sensibles à l’humidité et changent de propriétés physiques en fonction de l’environnement externe. Il est à noter que les emballages en carton destinés à la réfrigération sont souvent cirés, ce qui les rend non recyclables. Notre industrie utilise essentiellement le carton pour des boîtes pliantes (tubes, plateaux, paniers, etc. au secteur biscuits), des contenants de liquide (Tétra Brik, Gable Top, etc. au secteur laitier) ou des boîtes ondulées pour la manutention et le transport (tous les secteurs).

Exemples : On retrouve le papier dans les emballages consacrés aux fromages, beurres, biscuits, charcuteries, etc. Les cartons ondulés sont plus couramment utilisés pour les fruits et légumes, tandis que les cartons plats vont trouver leur utilisation la plus fréquente dans l’emballage de céréales, de biscuits, de nourriture congelée, etc.

d) Emballage en plastique

Pour les plastiques, ce sont des polymères souvent dérivés du pétrole et leur prix varie énormément avec ce dernier.

La plupart des plastiques utilisés en emballage sont des thermoplastiques commerciaux. Parmi les matériaux utilisés pour l’emballage alimentaire, nous retrouvons :

  • le polyéthylène,
  • le polypropylène,
  • le polystyrène,
  • le polyamide chlorure de polyvinyle,
  • l’acétate de polyvinyle et
  • le polyéthylène téréphtalate.

Chaque plastique a ses propriétés et caractéristiques de perméabilité aux gaz et à l’humidité.

Chaque matériau a un symbole utilisé communément dans l’industrie (PP, PETE, PVC, CPET, etc.). L’industrie du plastique a développé un sigle de recyclage avec un numéro pour les six plastiques les plus utilisés.

Il est cependant important de préciser que les catégories 6 et 7 ne sont pas recyclables.

Nous voyons de plus en plus d’emballages plastiques multicouches qui procurent plus de barrières aux aliments et permettent parfois plus de fonctionnalité. Ces produits ne sont actuellement pas recyclables dans la plupart des cas, surtout ceux qui présentent des mélanges avec des matériaux comme le papier ou l’aluminium.

Le tableau ci-dessus offre un bon résumé des différents plastiques et de leurs utilisations les plus fréquentes dans l’industrie alimentaire.

Le tableau suivant donne un aperçu des propriétés les plus importantes des plastiques utilisés dans l’industrie alimentaire. N. B. : Il est important de noter que l’épaisseur du matériau influence sa fonction barrière.

e) Les emballages composites et multi-couches

Ce sont des emballages qui permettent de combiner les avantages de différents matériaux. En raison de la diversité des avantages et inconvénients propres à chaque emballage, on va chercher à conjuguer les propriétés complémentaires de chaque matériau afin de concevoir un emballage efficace.

Par exemple, en utilisant du carton, on se sert d’une ressource renouvelable, mais le manque d’étanchéité pose problème. On va donc associer au carton du plastique qui, lui, possède des propriétés d’étanchéité intéressantes. Les développeurs de Tetra Pak ont été parmi les premiers à créer des emballages composites en combinant le carton, le plastique et d’autres matériaux pour leurs fameuses briques de boisson.

f) Évolution des matériaux emballages

On constate une nette progression des emballages plastiques qui semblent s’annoncer comme étant une tendance dominante et, parallèlement, on note une diminution des emballages métalliques ou en verre.

Cette progression s’explique principalement par la qualité des propriétés barrières qu’offrent les plastiques, mais aussi pour leur caractère économique.

IV- L’emballage et le développement durable

41- Nouveau paradigme : le développement durable

Le concept de développement durable a pris son essor en 1987 grâce au rapport Brundtland Notre avenir à tous, de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Le rapport Brundtland définit le développement durable comme « le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ».

Le Sommet mondial pour le développement durable, tenu par l’ONU12 en 2002, a proposé l’adoption d’un plan de travail sur 10 ans visant à changer les modèles de consommation et de production non durables. Nous sommes en train de vivre un changement de paradigme : nous sommes passés d’une consommation jetable à une consommation durable. L’emballage n’échappe pas à cette logique.

Le développement durable est la résultante d’un équilibre entre les besoins économiques, sociétaux et environnementaux, comme le représente la figure ci-dessous. La notion de développement durable fait actuellement partie intégrante des modèles d’affaires des entreprises du futur et encore plus pour les industriels de l’emballage.

Précaution : Le développement durable a entraîné une conscientisation sociale et environnementale. En l’absence de réglementation claire, certains industriels prétendent que leurs produits sont durables alors que ce n’est pas nécessairement le cas.

Cadre de référence : L’ISO 26 000 a pour objectif de définir et de clarifier le concept de responsabilité sociétale et de le rendre applicable à tous les types d’organisations (entreprises, collectivités territoriales, associations, etc.) quelle que soit leur taille ou leur localisation.

42- Démarche : éco-conception

L’éco-conception est une conséquence directe et concrète de la philosophie du développement durable. L’éco-conception est une démarche préventive qui se caractérise par la prise en compte de l’environnement lors de la phase de conception ou d’amélioration d’un produit, bien ou service. L’objectif de la démarche est d’améliorer la qualité écologique du produit, c’est-à-dire de réduire ses futurs impacts négatifs sur l’environnement tout au long de son cycle de vie, tout en conservant sa qualité d’usage.

La démarche d’éco-conception, qui dépasse les murs de l’entreprise, prend en compte trois facteurs :

  • 1. Elle examine toutes les étapes du cycle de vie du produit, depuis l’extraction de la matière première jusqu’à sa fin de vie : c’est une démarche multiétapes.
  • 2. Elle examine tous les impacts du produit sur l’environnement (consommation, rejets et impacts) : c’est une approche multicritères.
  • 3. Elle examine tous les acteurs concernés par le produit (industriels, consommateurs, collectivités). L’un des points importants est d’éviter que les efforts des uns soient annulés par le comportement des autres : c’est une approche multiacteurs.

** 43- Analyse du cycle de vie

Pour répondre aux facteurs de l’éco-conception, la pensée « analyse de cycle de vie » du produit correspond à la démarche multiétapes dans un contexte bien défini. L’Organisation internationale de normalisation (ISO) définit l’analyse du cycle de vie (ACV), ou écobilan, comme suit :

« Compilation et évaluation des intrants et extrants, ainsi que des impacts potentiels environnementaux d’un système de produits au cours de son cycle de vie » (ISO 14040:1997).

Les modèles diffèrent sensiblement d’un continent à l’autre, cependant la logique demeure la même.

Le cycle de vie d’un produit inclut  :

  • L’extraction et la transformation des matières premières ;
  • La fabrication ;
  • L’emballage et la distribution ;
  • L’utilisation ;
  • La fin de vie du produit ;
  • Les coûts de transport à chaque étape.

Malgré la croissance de son utilisation depuis plusieurs années, l’analyse de cycle de vie (ACV) reste tributaire des méthodes d’évaluation des impacts du cycle de vie (EICV) . Il n’existe pas encore de consensus international sur les modèles à utiliser pour ces catégories (régionales,locales et globales).

44- Définition de l’emballage durable : Sustainable Packaging Coalition, GreenBlue

L’emballage fait partie de la plupart des produits alimentaires et devient souvent un déchet après la consommation de ceux-ci, ce qui le met en avant-plan des préoccupations du développement durable. Le Sustainable Packaging Coalition (SPC) est une coalition d’experts nord-américains qui se donne comme mission de recommander et de communiquer une vision environnementale positive et solide de l’emballage. Elle appuie l’innovation, les matériaux et les systèmes fonctionnels d’emballage qui promeuvent la santé économique et environnementale.

La vision du SPC se traduit par le passage d’une consommation jetable à une consommation durable des emballages.

Cette vision cadre parfaitement dans une logique d’éco-conception. Aux États-Unis, le SPC a déjà défini la terminologie des emballages durables, qui semble assez proche des définitions de l’Union européenne et vient faire le consensus sur notre continent. Selon le SPC, un emballage durable (écoresponsable) :

  • Est sain, sécuritaire et bénéfique pour l’individu et la communauté tout au long de
  • son cycle de vie ;
  • Satisfait les nouvelles exigences du marché sur les plans des coûts et de la performance ;
  • Est créé, fabriqué, transporté et recyclé à partir d’énergie renouvelable ;
  • Maximise l’utilisation de matériaux recyclables ou renouvelables ;
  • Est produit grâce à des technologies propres & BPM (bonnes pratiques manufacturières) ;
  • fait de matériaux sécuritaires pour différents scénarios de fin de vie ;
  • Est physiquement dessiné afin d’optimiser le matériau et l’énergie ;
  • Est récupérable et utilisé dans un cycle continu.

Ce qui nous permet de passer à un cycle de vie du « berceau au berceau » comparativement à un cycle du « berceau à la tombe » tel qu’illustré à la figure de la page précédente.

** 45- Éléments clés de conception d’emballage plus durable

Les facteurs à prendre en compte lors de votre conception sont multiples et peuvent être complexes. Pour simplifier votre démarche, vous pouvez opter pour une démarche préventive qui vous aidera à améliorer votre emballage actuel.

L’amélioration peut être guidée par les principes des 4 R et le V, l’analyse des matières premières et l’énergie pour la production/valorisation de l’emballage et une bonne logistique de distribution (transport).

a) Les 4 R et le V

L’éco-conception tient compte du processus complet de conception, de production et de disposition du duo produit/emballage. Pour réduire les impacts et les coûts environnementaux surtout notables lors de la gestion des matières résiduelles (d’emballage) ; l’amélioration d’un système d’emballage doit tenir compte des 4R et le V définis par la figure ci-dessous.

- La réduction des matériaux et l’élimination du suremballage sont les bases et les critères les plus importants à considérer. Ce principe peut être mis en application par l’élimination de certains emballages non nécessaires, l’évitement des doubles emballages, la concentration des produits pour réduire la taille des emballages, l’amélioration des propriétés physiques afin de réduire les emballages protecteurs, l’allégement du poids des matériaux d’emballage ou la conception de l’emballage en fonction de son cycle de vie.

- La réutilisation des matériaux d’emballage dans un but identique ou similaire à celui pour lequel ils ont été créés. Elle est souhaitée quand c’est possible (exemple : les bouteilles de 18 litres d’eau, la bouteille de bière en verre).

- Le recyclage des matériaux leur donne une nouvelle vie et réduit le volume d’enfouissement et le gaspillage des ressources naturelles (collecte sélective ou consigne). La consigne pour les canettes et bouteilles de boisson gazeuse est un système qui permet de récupérer une bonne partie des matériaux d’emballage (aluminium, plastique PET) pour recyclage ou réutilisation.

Les critères d’un recyclage efficace sont liés à deux facteurs : le coût des ressources utilisées pour récupérer les matériaux doit être inférieur à la valeur des matériaux récupérés ; les matériaux récupérés sont réutilisables et ont un marché.

Certains matériaux d’emballage sont plus facilement recyclables, comme la fibre de bois, le verre et l’aluminium.

- La récupération avant enfouissement est la recherche des parties d’un produit qui peuvent être recyclées ou réutilisées.

- La valorisation vise à profiter des matériaux avant de les enfouir. En Europe, certains pays (Suisse, Suède, Allemagne et France) utilisent l’incinération comme moyen de se débarrasser des déchets et de récupérer l’énergie.

La disposition ou l’enfouissement dans le sol est une pratique qui est à éviter quand cela est possible à cause des effets écologiques néfastes et du manque de terrains disponibles.

Le compostage est aussi une option viable, mais qui nécessite des conditions précises. Cette approche constitue clairement la base d’une démarche environnementale.

b) L’emballage et l’énergie

L’industrie de l’emballage utilise surtout de l’énergie pour transformer les emballages, mais aussi pour les recycler.

Chaque matériau a ses propres besoins énergétiques et bilans écologiques.

À titre d’exemple, nous dressons une petite comparaison pour trois contenants (carton, plastique et verre). L’association allemande d’IFEU15 a démontré que les gaz à effet de serre sont deux à trois fois plus importants selon le matériau utilisé.

Nous ne pouvons pas bannir certains emballages en raison de leur utilisation d’énergie, mais il faut en tenir compte dans leur cycle de vie complet (extraction, production, transport et recyclage, etc.).

La consommation d’énergie et l’efficacité énergétique peuvent influencer le choix de l’emballage (bilans énergétiques différents).

L’industrie du recyclage s’est considérablement développée ces 30 dernières années. Aujourd’hui, elle constitue un marché mondial chiffré en milliards de dollars et assure des fonctions sociales et environnementales. Cette industrie n’a pas d’égale en ce qui concerne la conservation des ressources naturelles.

La création d’une seconde génération de matières premières, c’est-à-dire celles découlant du recyclage, a permis de réaliser une réduction des dépenses d’énergie nécessaires pour la production de ces matières comparativement aux matières premières primaires (non recyclées).

Le tableau suivant présente les principales matières recyclées et le gain d’énergie réalisé dans le processus de recyclage par rapport à la production originale. De plus, produire du papier à travers le processus de recyclage permet de réduire la pollution de l’eau de 35 % et celle de l’air de 74 %.

Pendant ce temps, la production de métal à partir de déchets métalliques permet de réduire la pollution de l’air de 86 %. Cette contribution à la protection de l’environnement ne serait pas possible sans une expansion massive de nouveaux procédés sophistiqués, de machines et d’équipements de pointe. Des acteurs de l’industrie du recyclage investissent des milliards de dollars chaque année dans l’achat de nouvelles technologies, de même qu’en recherche et développement.

c) L’emballage et le transport/distribution

Si l’on regarde de près la question du transport, on peut optimiser celui-ci à travers deux outils.

Premièrement, la réduction du parcours de livraison permettant de réduire le temps passé sur la route et, deuxièmement, par des emballages permettant de réduire le nombre de véhicules de transport requis pour la livraison. Ainsi, nous réduisons les coûts de logistique et de maintenance, de même que la consommation de carburant. Les facteurs qui améliorent notre efficacité logistique sont :

- Réduire les volumes et les poids de nos emballages ;
- Optimiser les dimensions de l’emballage d’expédition pour maintenir l’espace palette ;
- Choisir les moyens de transport les plus écologiques ;
- Mieux planifier les trajets de nos flottes de transport ;
- Faire pression sur les fournisseurs pour qu’ils améliorent également leurs emballages.

Un produit, tout au long de son cycle de vie, parcourt une longue chaîne logistique avant d’arriver chez le consommateur. À chaque étape, l’emballage doit offrir la protection adéquate afin d’éviter toute dégradation ou tout dommage physique. Les facteurs auxquels l’emballage et le produit doivent faire face sont : les variations de température, l’humidité et les chocs.

Si un produit est endommagé en raison d’un emballage défectueux, la perte économique et écologique est considérable. Lorsqu’un dommage est occasionné, les coûts correspondent habituellement à cinq fois le coût de réparation ou de remplacement du chargement. Concernant les palettes de transport, elles sont la cause d’environ 50 % de tous les dommages. Plus de la moitié des palettes ne sont pas de la bonne taille, ce qui cause un débord involontaire. L’industrie utilise des palettes de 122 cm x 102 cm qui peuvent être empilées 2 par 2 pendant 30 jours à une température de 32 °C et à une humidité relative de 80 %.

** 46- Les bioplastiques et le développement durable

Le néologisme « bioplastique » ne correspond pas à une définition précise. Il regroupe sous un nom général les plastiques issus de ressources renouvelables végétales ou animales et les plastiques biodégradables qui peuvent être issus de ressources renouvelables ou d’origine fossile.

Les bioplastiques sont des plastiques issus de la polymérisation des biopolymères, en tout ou en partie.

Ces biopolymères sont souvent biodégradables ou du moins aptes à subir un processus de décomposition. Ces biopolymères sont : soit issus de la pétrochimie (polymères de synthèse ou associés à des composés naturels), soit totalement dérivés de ressources renouvelables. Les biopolymères issus de matières premières renouvelables sont des polymères naturellement présents dans les organismes vivants ou synthétisés par ces derniers à partir de ressources renouvelables. Ils peuvent donc être naturels (extraits de végétaux traités), d’origine microbienne ou synthétisés par des organismes vivants.

L’engouement pour les plastiques biodégradables est certain. D’après l’European Bioplastics, le marché des biopolymères est en croissance, et les capacités de production mondiales devraient passer d’environ 500 000 tonnes par an à environ 850 000 tonnes par an en 2010.

Quatre facteurs majeurs limitent le développement des bioplastiques :
- Le prix ;
- L’absence de législation et d’incitatifs de la part des milieux politiques ;
- La confusion et l’amalgame du consommateur entre les différents bioplastiques offerts sur le marché ;
- La contamination de la chaîne de recyclage.

La question est alors de savoir quel matériau favoriser dans la production des emballages alimentaires et de quelle façon combiner les différents facteurs de l’emballage. La « biodégradabilité » des bioplastiques dépend de la structure chimique du matériau et de la constitution du produit final, et non pas seulement des matières premières utilisées dans sa conception.

Selon la norme de l’ASTM D-5488-84d nord-américaine, un matériau est considéré comme biodégradable s’il est capable de se décomposer en dioxyde de carbone, en méthane, en eau, en minéraux ou en biomasse, dans laquelle le mécanisme de dégradation prédominant est l’action enzymatique de micro-organismes, qui peut être mesuré par les tests standardisés, sur une période de temps spécifiée. En Europe, la norme EN13432 s’applique plus particulièrement aux matériaux d’emballage et aux tests à mettre en oeuvre pour évaluer leur transformation sous forme de compost.

47- Conclusion

L’emballage durable est un processus d’amélioration continue et mesurable en termes de réduction d’impacts environnementaux, sociaux et économiques qui permet de remplacer un emballage obsolète dans un contexte de développement durable.

V- L’emballage et la technologie

Le temps où les emballages ne jouaient qu’un rôle de barrière inerte et imperméable entre l’aliment et l’environnement extérieur est révolu. À l’heure actuelle, on exige de l’emballage d’augmenter la durée de vie du produit et de garder sa qualité. L’emballage doit aussi communiquer des informations au consommateur, lui rendre service, et ce, tout en préservant les qualités organoleptiques et nutritionnelles du produit. Ces exigences ont propulsé l’emballage dans des sphères technologiques avancées et nous percevons surtout l’influence de la nanotechnologie sur les propriétés des emballages.

La nanotechnologie

« La nanotechnologie correspond à l’exploration de la matière et du développement technologique à l’échelle moléculaire atomique. » Les nanosciences et les nanotechnologies se situent au croisement de plusieurs disciplines scientifiques comme l’électronique, la mécanique, la chimie, l’optique, la biologie qui manipulent des objets d’une taille de l’ordre du nanomètre.

Concernant les secteurs d’emballage et agroalimentaire, les efforts de recherche ont abouti sur :
- Une large focalisation sur l’emballage et la détection d’éléments pathogènes ;
- L’emphase sur les produits finis (post-récolte et consommation) ;
- L’accès mis sur les bénéfices nutritionnels plutôt qu’environnementaux ; La plupart des applications commerciales sont envisageables dans les 5 à 15 années à venir.

Vous trouverez ci dessous un tableau résumant quelques applications de la nanotechnologie dans l’alimentaire.

Cette étiquette permet un contrôle de l’authenticité du produit par une coloration différente si l’emballage du produit est froid ou non, ou tout simplement si le produit a été conservé à la bonne température. Cet emballage correspond à une utilisation combinée de la nanotechnologie et de la métallisation.

Les bénéfices de la nanotechnologie en emballage se résument surtout par l’amélioration des propriétés barrières des matériaux et l’augmentation de leur performance, et la communication de l’information utile à différents intervenants. L’amélioration des propriétés et performance des matériaux les rend un peu plus chers, mais elle diminue souvent l’épaisseur de ceux-ci (moins d’impact environnemental et plus longue durée de vie de l’aliment). À l’heure actuelle, la traçabilité des produits alimentaires constitue une bonne partie des applications de la nanotechnologie. Elle rejoint directement les nouvelles attentes du consommateur en termes de sécurité alimentaire, car elle permet de connaître chacune des étapes de transformation et de transport du produit depuis son lieu de fabrication jusqu’à son point de vente final.

VI- Les emballages émergents

Les besoins de nouvelles fonctions pour mieux valoriser les aliments et informer les consommateurs ont donné naissance aux emballages actifs, intelligents et novateurs. Dans cette section, nous traiterons brièvement de ces différents types d’emballage.

61- Emballages actifs

Les progrès technologiques ont permis le développement d’emballages actifs qui entrent en interaction avec l’aliment ou s’adaptent à son environnement pour préserver, le plus longtemps possible et de façon optimale, ses qualités organoleptiques et nutritionnelles.

La composition de l’emballage empêche la formation de gaz et peut libérer des agents conservateurs ou antioxydants de façon à ce que l’aliment conserve sa fraîcheur, maintienne sa qualité et ne soit pas endommagé.

Les objectifs sont :
- Augmenter la vie de tablette ;
- Faciliter la distribution ;
- Fournir au consommateur un produit simple d’utilisation et lui permettant de sauver du temps.

Le développement de l’emballage actif passe par des actions d’ordre technologiques, physiques, chimiques et biologiques.

Dans la gamme des emballages actifs, nous pouvons distinguer deux catégories :

a- Les absorbeurs

Ces emballages ont pour objectif de retirer les éléments indésirables qui viendraient nuire à la qualité du produit contenu. On peut y retrouver des absorbeurs d’oxygène, des produits de dégradation et des régulateurs d’humidité. La photo ci-contre illustre un emballage actif. Cet emballage contient un absorbeur qui vient modifier l’atmosphère de conditionnement du produit afin d’assurer une meilleure conservation de ce dernier. Cet absorbeur va ralentir les risques d’oxydation qui sont souvent les principales causes de dégradation d’un aliment, notamment les viandes.

b- Les « relargueurs » d’additifs

Cette catégorie permet d’ajouter, d’introduire des éléments bénéfiques à l’ensemble clos comme, par exemple, des émetteurs d’éthanol, de gaz carbonique, d’agent de conservation, d’arôme, etc.

62- Emballages intelligents

Les emballages intelligents, quant à eux, surveillent et contrôlent l’évolution des conditions dans lesquelles un produit alimentaire a été emballé. Ils fournissent également des informations complémentaires sur la qualité du produit pendant toutes les étapes de transport et de stockage précédant sa consommation. Ils déploient un dispositif d’informations qui explique clairement au consommateur les caractéristiques du produit. Les emballages intelligents sont bien entendus « actifs » et permettent à l’utilisateur final de surveiller les denrées alimentaires, de connaître objectivement la qualité du produit et améliorer ainsi sa propre sécurité alimentaire. Les limitations d’usage des emballages intelligents sont leur coût, les législations en vigueur et les réticences du consommateur (les radio-étiquettes pourraient nuire à sa vie privée).

Parmi les types d’applications, nous notons les suivantes :

- Indicateurs chromatiques : La couleur de l’indicateur change irréversiblement lorsque la température d’un surgelé est excessive ou, mieux, si l’aliment a atteint son couple temps/température ; Exemples : L’étiquette se colore lorsqu’un produit n’est plus consommable. Cette technologie utilise la microbiologie, pour simuler la fraîcheur de l’aliment lorsque la date limite de consommation est dépassée ou que le produit a subi un cumul de ruptures de la chaîne du froid. Si la fleur est verte, le produit est frais ; si elle est rouge, le produit ne l’est plus.

- Détecteurs actifs : Des emballages transparents qui vont s’obscurcir si l’excès de lumière peut nuire à la conservation de l’aliment dans le temps ;

- Étiquette à identification par radiofréquence (RFID) : aussi appelée traçabilité ou passage à la caisse sans vider le chariot. L’ identification par radiofréquence (RFID) :

Les technologies RFID (Radio Frequency Identification) sont des techniques d’identification par radiofréquence20 utilisées surtout comme moyen de traçabilité. Elles permettent, grâce à des étiquettes intelligentes ou « smart tags », d’identifier un produit de manière unique et d’y associer un ensemble d’informations qui le suivront et évolueront avec lui tout au long de son cycle de vie. Grâce à leurs nombreux atouts, les étiquettes RFID sont amenées progressivement à remplacer les systèmes de traçabilité actuels, et peuvent également s’inscrire en complément de ceux-ci. La technologie RFID a pour objectif d’optimiser les systèmes d’acquisition de données tout en s’adaptant au système d’information existant.

Concernant les applications dans l’industrie alimentaire, on peut noter que le RFID permet d’assurer un respect des normes de traçabilité, de produire un suivi des contenants de stérilisation et d’optimiser ainsi la chaîne de distribution du produit.

63- Emballages novateurs

Les modes de vie, la démographie et la société sont en constante évolution. Nos consommateurs cherchent de plus en plus de fonctions différentes à leurs produits pour satisfaire ces nouvelles conditions. Parmi ces fonctions, nous notons surtout la praticité, la facilité/rapidité d’utilisation, la mode ou le design, et le plaisir d’avoir un produit à notre image et à notre goût.

L’innovation en emballage a propulsé des produits et a permis entre autres de :
- Promouvoir le produit par son emballage pour inciter les clients à l’acheter ;
- Faciliter l’usage du produit, car l’emballage doit rendre service. La boîte a un bec verseur, le bouchon devient doseur, le bidon offre une poignée, la barquette passe au four micro-ondes et devient une assiette… C’est l’emballage évolutif.
- L’emballage doit garantir l’inviolabilité avant achat (tamper evidence en anglais) pour éviter les fraudes, afin d’interdire à quiconque d’introduire une substance étrangère dans le produit ou pour empêcher le consommateur de le goûter ou de le sentir.
- Les emballages « Retail Ready » sont en pleine progression et remplacent les bouchers en épicerie.

Les emballages comestibles sont efficaces pour conserver les aliments contenant beaucoup d’acides gras polysaturés susceptibles de s’oxyder, comme les viandes, par exemple. Le résultat est donc une prolongation de la durée de vie des aliments et la protection de l’environnement, car l’emballage n’est pas un déchet. Les emballages comestibles offrent de bonnes perspectives dans la mesure où ils sont consommables en même temps que les aliments qu’ils protègent. De façon plus courante, les films et enrobages comestibles sont très souvent utilisés pour améliorer l’apparence et la conservation des produits alimentaires.

Les exemples les plus courants sont sûrement le pelliculage des fruits avec des cires naturelles, les enrobages de chocolat sur les produits de confiserie ou de pâtisserie, ou encore l’enrobage de viande avec du gras.

VII- Tendances et défis

Les tendances et les défis sont nombreux pour le futur de l’emballage alimentaire, surtout dans un contexte de développement durable et de sécurité de nos aliments. Il est encore possible de se positionner stratégiquement pour mieux se différencier dans un marché très compétitif. Parmi les tendances lourdes nous citons :
- L’éco-conception : Le créateur doit conceptualiser le design de l’emballage à des fins de réutilisation, de recyclage ou de compostage.
- Si les matériaux d’emballage recyclés dans l’emballage ne faisaient pas recette jusqu’à présent dans l’alimentaire, bien qu’autorisés à certaines conditions, il semble que le développement durable va propulser ces matériaux plus vite que ne l’envisageaient les industriels.
- Le marché de l’emballage bioplastique est en forte croissance, surtout en Europe. Certaines études (pas encore validées) tendent à démontrer que les bioplastiques ont un potentiel d’augmentation de 10 % à 20 % du marché actuel des plastiques conventionnels issus de la pétrochimie.
- Le « Greenwashing  », ou les fausses déclarations d’emballage recyclable ou vert, est très présent actuellement dans l’industrie de l’emballage. Il faut être très vigilant et exiger des preuves validées par des tierces parties. Cependant, une réglementation nord-américaine sera la bienvenue pour aider les consommateurs d’emballage à faire leurs choix. Entre-temps, l’écolabel (logo sur l’emballage pour une certification écologique) est en croissance en Europe.
- Les consommateurs feront leurs choix en fonction de leurs valeurs écologiques (plusieurs sondages dans le monde confirment la tendance, et l’importance, de ce facteur).
- Les facteurs démographiques et les modes de vie poussent les industriels vers des emballages individualisés, mais ceci génère plus d’emballages, ce qui est en contradiction avec le principe de réduction du développement durable.
- La nanotechnologie sera de plus en plus au service de l’industrie de l’emballage, surtout pour préserver les aliments des risques de contamination ou de détérioration pour de plus longues durées. Elle contribuera aussi à réduire les emballages en améliorant leurs propriétés. Ce marché croît à une vitesse importante avec de nouvelles applications intéressantes. Cependant, le manque de réglementation peut nuire au futur de cette industrie si les produits ont des impacts négatifs pour les humains ou l’écologie.
- Une croissance annuelle de 6,9 % pour les emballages actifs et intelligents a été notée en Europe. Les propriétés des matériaux d’emballage évoluent constamment pour répondre à des besoins de marketing et de technique. La croissance du marché du RFID est exponentielle par rapport à la dernière décennie, surtout en ce qui concerne la traçabilité.
- La qualité des emballages et les risques de contamination seront réduits par l’application de certaines normes et par le contrôle de qualité exigé par les transformateurs (PAC Secure, etc.). Ces tendances sont réelles et constituent un défi de taille pour l’ensemble des industriels. L’entreprise a désormais une responsabilité sociétale et doit agir en fonction des valeurs dont elle fait la promotion. Toutefois, en l’absence de réglementation claire, d’infrastructures pour supporter les nouvelles technologies et de contextualisation des solutions, nous risquons de prendre des initiatives individuelles trop risquées pour l’avenir. D’où la nécessité du travail de l’ensemble des joueurs de l’industrie, et des instances locales concernées pour favoriser et encadrer le développement d’un emballage performant dans un contexte durable et sécuritaire.

P.-S.

Références bibliographiques :
-  J.L. MULTON & G.BUREAU Coordonnateurs ; L’emballage des denrées alimentaires de grande consommation, Collection : Sciences et techniques agroalimentaires.

2 Messages de forum

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