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L’EFSA est elle objective ?

mercredi 1er janvier 2014, par AMROUCHE

L’EFSA ou l’indépendance de l’Autorité européenne de sécurité des aliments sérieusement remise en question !

  • Voici un petit film de 3 minutes qui résume le problème !
  • Ensuite un article du Monde d’octobre 2013
  • enfin un reportage du magazine « Envoyé spécial » de France 2 diffusé le 19 déc. 2013 sur les conflit d’intérêt, notamment à l’EFSA !!

Le film

Cette vidéo résume ce que que vous devez savoir sur l’EFSA (l’European Food Safety Autority) en 3 minutes.

"Ce film d’animation de trois minutes vous permet d’en apprendre davantage sur le fonctionnement de l’EFSA et dans quelle mesure celui-ci bénéficie à l’industrie agro-alimentaire et à des multinationales des pesticides et des biotech telles que Monsanto, Syngenta, Unilever, Nestlé…

Les experts et les responsables de l’EFSA sont-ils indépendants de l’industrie ? Quel rôle l’industrie joue-t-elle dans les tests sanitaires effectués par l’EFSA ? L’EFSA n’utilise-t-elle pas d’autres recherches indépendantes sur ces produits ?"

Voir le film :

60% des experts non indépendants !

LE MONDE | 23.10.2013 à 11h32 • Mis à jour le 24.10.2013 à 09h16 | Par Stéphane Foucart

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), institution chargée d’évaluer les risques des substances présentes dans l’alimentation, est-elle indépendante ?

La question se pose à nouveau après la publication, mercredi 23 octobre, des résultats d’une enquête conduite par Corporate Europe Observatory (« Observatoire de l’Europe industrielle », CEO), qui met en évidence, pour la première fois, l’ampleur des liens d’intérêts noués entre les experts de l’agence et le monde industriel. Selon l’organisation non gouvernementale (ONG) basée à Bruxelles, près de 59% des membres des groupes de travail de l’EFSA sont en situation de conflit d’intérêts.

Cette conclusion est surprenante à plus d’un titre. En effet, l’agence européenne basée à Parme (Italie) a déjà été, en 2012, sous le feu des critiques du Parlement européen et de la Cour des comptes européenne pour sa gestion « inappropriée » de liens d’intérêts de ses experts ou de son personnel avec l’industrie. En juin 2012, à la suite de ces critiques, l’EFSA avait renouvelé environ 80 % de ses experts.
« RÉSULTATS CHOQUANTS, NOMBRE DE CONFLITS D’INTÉRÊTS CONSTERNANT »

A en croire le rapport du CEO, cela n’a pas suffi. « Nos résultats sont choquants, résume Stéphane Horel, principale auteure de l’enquête. Sans même avoir vérifié si les experts avaient des liens d’intérêts non déclarés, le nombre de conflits d’intérêts dans l’agence est consternant. » L’ONG a passé au peigne fin l’ensemble des déclarations publiques d’intérêts des 209 experts de l’agence et ont examiné, un par un, près de 850 liens (contrats d’expertise-conseil, financements de laboratoires, etc.) entre ceux-ci et l’industrie.

Les experts qui composent le comité scientifique et les dix panels de l’EFSA ne sont pas salariés de l’agence : ils sont professeurs d’université, chercheurs du secteur public, en activité ou en retraite, etc. Chacun des dix groupes scientifiques est chargé d’un domaine spécifique : « organismes génétiquement modifiés », « santé et bien-être des animaux », « produits phytosanitaires et leurs résidus », etc. « Dans tous les panels scientifiques, sauf un, la majorité des experts a des conflits d’intérêts », dit Stéphane Horel.

La situation la plus problématique, selon le CEO, concerne le panel « produits diététiques, nutrition et allergies », dont 17 des 20 membres totalisent plus de 100 conflits d’intérêts.

Les conclusions de l’ONG sont contestées par l’EFSA. Le désaccord tient essentiellement à la définition même du conflit d’intérêts. Pour l’agence européenne, « la participation à des recherches financées par l’industrie ne constitue pas nécessairement un conflit d’intérêts, pour autant que les recherches en question ne concernent pas directement le sujet examiné par le groupe scientifique ou le groupe de travail ». En d’autres termes, selon les règles en vigueur à l’EFSA, être financé par une entreprise n’exclut pas de participer à l’expertise d’un produit commercialisé par l’entreprise en question.

Le CEO note que les règles fixées par l’agence ne sont pas respectées. En particulier, les conditions d’indépendance requises pour qu’un expert puisse obtenir la présidence ou la vice-présidence d’un groupe scientifique. Selon le CEO, huit des dix présidents de panel seraient en conflit d’intérêts, de même que 14 des 21 vice-présidents. En outre, dans plusieurs cas, l’enquête de l’ONG montre que les déclarations de certains experts sont incomplètes et omettent des liens d’intérêts avec des industriels.

DES CHERCHEURS DU PUBLIC QUI TRAVAILLENT AVEC LE PRIVÉ POUR SE FINANCER

A l’EFSA, on rappelle que les expertises rendues par l’agence sont le fruit de délibérations collectives, « avec chaque expert ayant une voix équivalente », « aucun d’eux ne pouvant influencer la décision du groupe ».

« L’idée que se fait l’agence du conflit d’intérêts tourne autour de l’image dramatique de corruption et d’infiltration de l’institution par des taupes de l’industrie, animées par de mauvaises intentions, estime le CEO dans son rapport. Bien que cette situation ne puisse pas être exclue, la réalité est généralement plus subtile. L’influence de l’industrie tend à s’exercer à travers des processus structurels de long terme consistant à construire des relations au sein même de la communauté scientifique, et d’y promouvoir une culture, des dynamiques collectives, l’acceptation de paradigmes, etc. »
A l’EFSA, on répond en substance que les scientifiques sans liens avec l’industrie sont de plus en plus rares. « Les politiques européennes de recherche encouragent et parfois contraignent les chercheurs du secteur public à travailler avec le secteur privé pour financer leurs recherches et promouvoir le transfert du savoir et de ses applications », justifie-t-on à Parme.

Cette rareté de l’expert indépendant tient aussi, selon le CEO, à ce constat simple : ces derniers ne sont pas rémunérés pour leur travail d’expertise. « C’est une question importante que soulève le CEO, relève l’eurodéputée Corinne Lepage (Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe), membre de la commission de l’environnement du Parlement européen. Il est tout à fait anormal que l’expertise publique ne soit pas rémunérée, ni valorisée dans la carrière d’un scientifique. La situation actuelle conduit à se poser la question de l’intérêt qu’il peut y avoir à se porter candidat comme expert à l’EFSA. »

Coup de Gueule

Honte à l’EFSA !

L’Autorité Européenne pour la Sécurité des Aliments (EFSA) vient d’annoncer qu’elle ne remettait pas en cause la Dose Journalière Admissible (DJA) de l’aspartame, au terme d’un processus de réévaluation des données scientifiques concernant l’édulcorant, qui a duré plus de deux ans.

Honte à l’EFSA !

Cette réévalualtion avait été demandée par la Commission Européenne, après les auditions organisées au Parlement Européen, par Corinne Lepage. La députée européenne avait vu mon film Notre poison quotidien en Belgique et s’était aussitôt mobilisée. Elle avait notamment obtenu l’audition de Huges Kenigswald, le chef du département des additifs alimentaires de l’EFSA. Celui-ci avait confirmé ce qu’il m’avait avoué lors de son interview : l’EFSA n’a jamais eu accès aux études réalisées par SEARLE, le fabricant d’aspartame (devenue une filiale de Monsanto), pour obtenir l’autorisation de mise sur le marché de la Food and Drug Administration (FDA) et calculer la fameuse DJA (c’est-à-dire la dose journalière que nous sommes censés pouvoir ingérer sans tomber malades). Or, ces études sont extrêmement controversées, car leur qualité est absolument nulle ! Les “irrégularités” – et le mot est faible- avaient été constatées par les agents de la FDA eux-mêmes, qui avaient refusé que la molécule soit mise sur le marché.

Malheureusement, et encore une fois, l’EFSA a cédé aux lobbying de l’industrie en refusant de prendre en compte les critiques formulées notamment par le Réseau Environnement Santé qui suit de très près le dossier.

Voir l’intégralité de l’article sur le blog de Marie Monique ROBIN (*)

(*) MM ROBIN est une journaliste d’investigation chevronnée dont vous pouvez lire la biographie ici

Envoyé Spécial de déc.2013

Voici la vidéo du magazine « Envoyé Spécial de France 2 du 19 déc. 2013 qui traite du »conflit d’intérêt".

Sur cet extrait, c’est le cas de l’agence européenne de sécurité alimentaire qui est évoqué !