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Eco-conception : La valorisation des coproduits

mercredi 22 août 2018, par AMROUCHE

Ecoconception- La valorisation des coproduits

La matière première agricole est transformée en produit fini, mais aussi parfois en coproduit ou déchet.

Le produit fini est le produit principal que l’entreprise cherche à mettre sur le marché. C’est l’objet de la mise en œuvre du processus de production. Dans certains cas il arrive que ce processus génère systématiquement une autre matière que le produit fini. Par exemple le processus industriel de production d’huile végétale génère systématiquement un résidu solide, après extraction de l’huile, appelé tourteau. Quand cet autre produit peut être commercialisé pour intégrer un autre processus de production comme c’est le cas pour le tourteau qui est utilisé en alimentation animale, ce produit est donc qualifié de coproduit.

Dans certains cas il se trouve que le processus génère des matières qui ne trouvent pas d’usage dans un autre processus de production. Par exemple le stockage en cuve des huiles brutes génère par sédimentation, un dépôt appelé « fond de bac » qui n’est pas intégré dans un processus de production.

L’exploitant doit donc pour s’en débarrasser faire appel à une société de traitement spécialisée qui lui facture le service rendu. Dans ce cas, cette matière peut être qualifiée de « déchet » ou « sous-produit ». Le traitement de ce déchet a un impact environnemental qui est imputé au « poids environnemental » des produits commercialisés. L’exploitant a donc tout intérêt tant sur le plan économique que sur le plan environnemental à identifier des voies de valorisation des déchets.

Mais avant toute chose, la priorité est la réduction à la source c’est-à-dire optimiser le procédé industriel pour générer la plus faible quantité possible de déchets.

Il existe ensuite différentes voies de valorisations possibles :

  • le réemploi : on utilise de nouveau la matière pour le même usage. Cela est possible pour les palettes et les intercalaires de palettes par exemple, en mettant en place un système de retour du client au fournisseur. On augmente ainsi la durée d’usage ;
  • le recyclage : il s’agit de réintroduire la matière dans le processus dont elle est issue. C’est ce que l’on fait pour le verre ou les emballages plastiques ;
  • la réutilisation : il s’agit d’utiliser la matière pour un usage différent.
    Par exemple, le coproduit va être incorporé dans son intégralité dans un processus de production :
  • en alimentation animale ;
  • en compostage ou épandage pour une valorisation en amendement organique des sols agricoles ;
  • ou encore pour fabriquer un savon abrasif comme c’est le cas avec les terres de filtration usagées issues du raffinage des huiles végétales.

Parfois le coproduit ne peut être valorisé directement dans son intégralité mais il va contenir des molécules d’intérêt qu’on va extraire et purifier pour les utiliser dans différents secteurs en remplacement de molécules de synthèse ou d’origine pétrolière : chimie, cosmétique, pharmacie, agro-alimentaire…

Par exemple :

  • extraire des antioxydants à partir de pelures d’oignons ;
  • ou produire de l’acide tartrique à partir de marc de raisin.
    Le coproduit peut aussi être valorisé sur le plan énergétique en l’incorporant :
  • dans un méthaniseur, et favoriser ainsi la production de biogaz ;
  • dans une chaudière pour produire de la chaleur ;
  • ou en le transformant en biocarburant, comme les huiles de fritures usagées transformées en biodiesel.
    Il est alors utilisé en substitution d’un combustible d’origine fossile et évite l’émission de gaz à effet de serre.

Le choix de telle ou telle voie de valorisation dépend de nombreux paramètres :

  • la nature et la qualité ou coproduit ;
  • les quantités générées ;
  • les contraintes sanitaires et réglementaires ;
  • les contraintes techniques ;
  • la négociation commerciale ;
    Mais si aucune des solutions de valorisation n’est possible, il faudra se résoudre à la destruction ou la mise en décharge de la matière qui devient un déchet.

La valorisation consiste donc à sortir du modèle traditionnel d’économie linéaire qui vise à prélever de la ressource naturelle pour ensuite la jeter pour entrer dans un modèle d’économie circulaire où toute matière issue d’un processus de production devient la matière première d’un autre processus.